On connaît tous la figure de la sorcière volant sur un balai, souvent sous la lune. Mais d’où vient vraiment cette représentation ?
L’association entre les sorcières et le balai apparaît en Europe à la fin du Moyen Âge. À l’époque, on accuse certaines femmes d’avoir des pratiques secrètes, liées à la nature, aux plantes et aux rituels païens. Dans les procès en sorcellerie, on retrouve des récits de « voyages nocturnes », où les accusées disent s’être déplacées dans les airs pour rejoindre des sabbats. Ces récits, souvent obtenus sous la torture, vont nourrir les fantasmes.
Le balai, devient alors un symbole. D’abord parce qu’il est lié à la maison, à la femme et au travail domestique. Ensuite parce qu’il est facile à détourner dans l’imaginaire : les textes anciens évoquent des « onguents », faits à base de plantes hallucinogènes, que certaines femmes appliquaient… sur un manche de balai, utilisé pour absorber le mélange par voie intime. Ces récits, rapportés par des médecins ou des juges de l’époque, ont probablement nourri l’image de la sorcière volant sur son balai.
Avec le temps, cette iconographie s’est figée. À partir du XVe siècle, des gravures et tableaux montrent les sorcières volant sur leur balai, souvent en groupe. Ce visuel est ensuite repris dans les livres, les contes et plus tard au cinéma. Aujourd’hui, c’est devenu une figure presque caricaturale… mais dont les racines sont bien plus anciennes et complexes.
Certains historiens pensent que cette image a aussi servi à diaboliser les femmes guérisseuses et les pratiques naturelles, souvent en lien avec les cycles lunaires et les plantes. Pour lire plus de contenu lié à la sorcellerie, abonnez-vous à la newsletter de BTLV.
Emma Lorsery (rédaction btlv source btlv – Photo home page @BTLV)







