26 novembre 2020 – une étude de 2019 s’est basée sur des scans du cerveau : le Yoga (योग en sanskrit devanāgarī) pourrait optimiser la santé cérébrale. Cette « méthode de mise au repos » est une discipline indienne enseignée dans les écoles orthodoxes. Le Yoga a pour objectif « l’unification de l’être humain » grâce à des pratiques méditatives et corporelles. Ainsi, tous les aspects sont « travaillés » : le corps, l’esprit et la spiritualité. De nombreux adeptes y trouvent des bénéfices multiples comme l’apaisement du mental et la détente du corps après une séance. La science a voulu savoir ce qu’il se passait dans le cerveau des pratiquants qui arrivent, grâce au Yoga – profondément lié à la médecine traditionnelle orientale – à avoir des résultats positifs sur leur psychique et leur physique. En Inde, le corps est perçu comme un système de canaux (les Nadis) et de liens énergétiques entre eux, les chakras. Ces réseaux énergétiques sont bien loin de la médecine « scientifique » telle qu’on l’apprend et la pratique dans les universités, les cabinets et hôpitaux européens.
DES ÉTUDES DE PLUS EN PLUS PRÉCISES
Depuis 2000, les études sur le Yoga sont de plus en plus nombreuses. Elles montrent que cette pratique peut être une « thérapie complémentaire », une aide parallèle à des traitements allopathiques. Les recherches sur le Yoga ont mis en évidence que cette pratique pourrait soulager des souffrances physiques ou psychiques. Par des études moins importantes ou informelles qui avait été faites auparavant, il n’était pas évident de trouver une corrélation entre Yoga et évolution au sein du cortex cérébral. Pendant l’étude de l’équipe de recherche de Neha Gothe, directrice du laboratoire de psychologie de l’exercice à l’Université de l’Illinois (à Urbana-Champaign), des types différents de scanners cérébraux ont été utilisés pour faire une estimation de l’impact du Yoga sur le cortex cérébral. Neha Gothe et son équipe ont étudié les pratiques suivantes : les postures, les exercices de respiration et la méditation dite pleine conscience. Le cerveau de pratiquants du Yoga aguerris et celui de débutants ont été étudiés. Les âges, les états de santé et les conditions physiques ont été prises en compte. Sur 6 études, 5 ont examiné le Yoga comme une thérapie courte. Le cerveau a été scanné sur les sujets avant et après une période pratique du Yoga.

3 OPTIMISATIONS CÉRÉBRALES
Neha Gothe voit un « domaine naissant » d’étude là où la plupart des autres étaient de plus modeste envergure. 3 schémas sont apparus alors que les populations étaient variées :
– La pratique yoguique pourrait accroître le volume de matière grise dans l’hippocampe (une structure clé pour la mémoire).
– Elle pourrait faire augmenter le volume de certaines régions du cortex préfrontal (siège de la cognition d’ordre supérieur)
– Elle pourrait optimiser la connectivité du « réseau de mode par défaut » qui joue un rôle important dans le traitement des souvenirs et des émotions.
UN CERVEAU PLUS JEUNE GRACE AU YOGA ?
Jessica Damoiseaux, neuroscientifique cognitive à la Wayne State University, est co-auteur de l’article de synthèse. Elle explique que bien que l’importance du volume de matière grise plus conséquent dans ces régions reste à préciser, « cela suggère qu’il pourrait y avoir plus de connexions entre les neurones, et donc un meilleur fonctionnement » dit-elle.
Les études de Jessica Damoiseaux se concentrent sur les modifications liées au vieillissement dans le cortex cérébral. Elle a observé que les structures qui seraient renforcées par la pratique du Yoga sont celles qui ont une tendance à diminuer en fonction de l’âge, notamment chez les personnes étant atteintes de démence. Ce sont les études sur l’exercice aérobique qui ont montré les volumes les plus importants. Le Yoga a-t-il une particularité ou n’est-ce qu’un exercice préservant le cerveau ?

La chercheuse principale au Centre national pour la santé complémentaire et intégrative, Catherine Bushnell, fait partie des National Institutes of Health. Elle explique : « ce qui est bien avec le Yoga, c’est qu’il combine tout un tas de choses qui sont bonnes pour vous, mais cela rend son étude ‘désordonnée’ ».
Les recherches de Catherine Bushnell ont permis de mettre en évidence que les pratiquants de Yoga tolèrent beaucoup mieux la douleur que les non-pratiquants. Cette tolérance a été expliquée par une augmentation de quantité de matière grise dans le cortex insulaire. Difficile cependant d’affirmer que c’est Yoga qui soit la cause de l’augmentation. D’après Catherine Bushnell, « ce pourrait être quelque chose de votre personnalité qui vous donne envie de faire du Yoga, et ce même facteur de personnalité pourrait contribuer à une augmentation de la matière grise ».
PROCHAINE ÉTUDE, 6 MOIS DE YOGA

Neha Gothe de l’Université de l’Illinois vient de recevoir une subvention fédérale pour mener une étude auprès de à 168 personnes âgées qui pratiqueraient le Yoga pendant six mois. L’objectif est de réaliser des comparatifs sur l’impact de différents entraînements sur le cortex cérébral ainsi que sur les performances cognitives. « C’est exactement le genre d’essai dont nous avons besoin », a déclaré Catherine Bushnell.
Vous pouvez découvrir le Kundalini Yoga avec Isabelle Silvagnoli dans l’émission « Et si on allait mieux » et l’énergie Kundalini avec Jean-Pierre Vanderydt dans « Bienvenue en Terre Happy – Les experts » (réservé aux abonnés).
Voici également un article de la rédaction btlv.fr sur le Kundalini Yoga.
Thierry Penin (rédaction btlv.fr)





