Énigme : le mystère des larmes de sang face à la preuve scientifique

13 janvier 2026

Depuis des siècles, les larmes de sang occupent une place singulière dans l’imaginaire religieux chrétien. Elles apparaissent dans les récits comme des signes extrêmes, réservés aux périodes de crise, de rupture ou de basculement moral. Dans la tradition catholique, une statue qui pleure n’est jamais un simple objet altéré : elle devient un message incarné, un langage muet destiné aux hommes lorsque la parole ne suffit plus. À Rome, près de la ville de Trevignano, c’est précisément ce vieux ressort symbolique qui s’est réactivé autour d’une statuette de la Vierge Marie, appartenant à Gisella Cardia.

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À partir de 2014, l’objet aurait versé à plusieurs reprises des larmes rouges. Très vite, la nouvelle circule. Des fidèles se déplacent, prient, observent, certains parlent de guérisons, d’autres de ressentis puissants. Gisella Cardia affirme recevoir des messages, des paroles attribuées à la Vierge, évoquant l’état du monde, la foi vacillante, l’urgence d’un retour spirituel. Le scénario n’est pas inédit : Lourdes, Fatima, La Salette ou Akita ont tous reposé sur cette articulation fragile entre expérience individuelle et reconnaissance collective. Mais ici, la reconnaissance n’a jamais eu lieu.

L’Église catholique, fidèle à sa ligne de prudence, se montre rapidement réservée. Aucun miracle officiellement validé, aucun message reconnu. La distance s’installe. Puis la justice entre en scène. Une enquête est ouverte par le parquet de Civitavecchia, non pour statuer sur le divin, mais pour déterminer si une fraude religieuse pourrait être à l’œuvre. L’enjeu est clair : lorsqu’un phénomène attire des foules, suscite des dons, influence des consciences, il sort du champ privé.

DES ANALYSES ADN QUI DÉPLACENT LE DOUTE

Les premières hypothèses sont prosaïques. Le sang pourrait être d’origine animale, voire issu d’un artifice. Des analyses sont commandées auprès des laboratoires judiciaires de l’université de Tor Vergata. Les résultats, eux, ne ferment pas le dossier : ils le complexifient. Le sang n’est pas animal. Il est humain. Féminin. Une donnée qui, immédiatement, bouleverse la narration initiale. Plus troublant encore, le profil génétique serait compatible avec celui de Gisella Cardia elle-même.

Ce type de révélation n’est pas anodin dans l’histoire des phénomènes religieux. Les archives regorgent de cas où des manifestations sacrées ont fini par se heurter à la matérialité des faits, sans pour autant éteindre la croyance. Les stigmates, les reliques, les statues pleurantes ont souvent été pris dans cette tension : entre symbole collectif et corps individuel. Ici, la justice cherche désormais à déterminer si l’ADN est unique ou s’il s’agit d’un mélange, ce qui pourrait indiquer un simple contact répété avec l’objet, une contamination involontaire, ou une intervention plus consciente. L’enquête se poursuit, et aucune conclusion définitive n’a encore été rendue.

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La défense de Gisella Cardia, elle, s’inscrit dans une autre temporalité. Son avocate affirme que sa cliente ne va pas mal, qu’elle n’a pas le profil d’une manipulatrice, qu’elle vit sa foi avec sincérité. Elle ne se considère ni comme une prophétesse, ni comme une fraudeuse, mais comme une croyante confrontée à quelque chose qui la dépasse. Une position classique dans ce type d’affaires, où la conviction intime ne constitue ni une preuve ni une falsification.

UNE AFFAIRE TOUJOURS OUVERTE

Reste la question centrale, jamais totalement résolue : que signifient ces larmes ? Dans la symbolique chrétienne, le sang est le signe ultime du sacrifice, de la souffrance offerte, de l’amour poussé jusqu’à l’effusion. Des larmes de sang, c’est une douleur qui ne peut plus se contenir, une humanité en rupture avec sa propre morale. Historiquement, ces récits surgissent souvent dans des périodes marquées par la peur, la guerre, la perte de repères. Ils fonctionnent comme des miroirs tendus aux sociétés, indépendamment de leur authenticité matérielle.

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Aujourd’hui, l’affaire de Trevignano illustre une fois de plus cette frontière trouble où la science n’abolit pas le mystère mais le déplace. Les analyses ADN apportent des faits, pas du sens. La justice tranchera peut-être sur l’existence d’une fraude, mais elle ne dira rien de ce qui pousse des centaines de personnes à croire, à espérer, à se rassembler autour d’une statue immobile. Entre le laboratoire et le sacré, le fossé demeure. Et dans cet espace, comme souvent, le doute continue de circuler. .  Pour ne rien manquer de l’actualité liée à au mystère et à l’inexpliqué inscrivez-vous à la newsletter btlv.

François Deymier (rédaction btlv source science et vie – photo home page @btlv via adobe stock)

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