Il y a, des canulars paranormaux qui ont fini par dépasser leurs auteurs. À force de raconter des phénomènes inventés, certains finissent par y croire eux-mêmes.
Tout commence en 1848, à Hydesville, aux États-Unis. Les sœurs Fox affirment communiquer avec un esprit en écoutant des coups frappés dans les murs de leur maison. Très vite, des foules viennent assister aux séances, persuadées d’assister à une preuve de l’au-delà. Des années plus tard, Margaret et Kate admettent avoir provoqué les bruits elles-mêmes, en craquant leurs articulations. Pourtant, après avoir passé leur vie à entretenir cette histoire, l’une d’elles finit par douter : et si, quelque chose leur avait échappé ? Leur propre canular les avait rattrapées.
ENTRE MENSONGE ET AUTO-PERSUASION
Ce phénomène n’est pas rare et pourrait bien s’expliquer par la méthode Coué. Connu en psychologie, ce processus montre que le cerveau peut finir par croire à un mensonge répété. À force d’en parler, de le défendre, d’en vivre les émotions, on en vient à confondre souvenir et invention. Certains témoins d’ovnis, d’apparitions ou de bruits étranges finissent sincèrement persuadés d’avoir vécu quelque chose d’inexpliqué.
Le Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (GEIPAN) rappelle d’ailleurs que de nombreux témoignages sont influencés par la peur, l’émotion ou la suggestion. L’imagination devient alors un moteur de la croyance.
Autre cas devenu célèbre : le poltergeist d’Enfield. Survenu à la fin des années 1970 en Angleterre, il illustre ce mécanisme. Deux sœurs affirment être victimes d’une présence surnaturelle : meubles qui bougent, voix étranges, objets projetés. Les médias affluent, les enquêteurs se suivent. Certaines scènes se révèlent alors truquées mais elles paraissent convaincues de ce qu’elles ont vécu. Des années plus tard, l’une d’elles reconnaîtra : « Ce n’était pas tout faux, mais ce n’était pas tout vrai non plus. »
Ce cas, devenu célèbre, a ensuite été largement amplifié par Hollywood, notamment avec Conjuring, qui en a fait un film à succès. Une adaptation qui, en exagérant les faits, a contribué à ancrer et à grossir l’histoire dans l’imaginaire collectif, ce qui brouille davantage encore la frontière entre la réalité et la fiction.
Ces histoires montrent comment les canulars paranormaux peuvent naître d’un simple récit et finir en croyance collective. Elles rappellent aussi le besoin humain de donner du sens à ce qui échappe à la logique. Les phénomènes inexpliqués existent, mais tout n’est pas forcément surnaturel. Garder l’esprit critique reste le meilleur moyen de distinguer le vrai du faux. Pour faire cette différence, abonnez-vous à la newsletter BTLV.
Emma Lorsery (rédaction btlv source btlv – Photo home page @BTLV)








