23 avril 2019 — Le constat est dramatique pour la planète. Même si nous décidions dès aujourd’hui de stopper les émissions des gaz à effet de serre dues à l’homme, l’Arctique est condamné à disparaître. Les climatologues nous alertent sur cette région qui va voir sa température augmenter de 5° Celsius d’ici la fin de ce siècle. Ayant toujours été la première impactée par le réchauffement climatique, la région va souffrir de plus en plus.
DE NOUVEAUX PAYSAGES
Si l’Arctique recouvert de neige et de glace nous a habitués à ses paysages grandioses, il va falloir envisager d’y voir bientôt un autre panorama. Un rapport de l’ONU nous apprend que la région va se réchauffer de 3° d’ici 2050 et de 5 à 9 °C d’ici 2080.
UN RETOUR EN ARRIÈRE IMPOSSIBLE
Lors d’une interview qu’il nous avait accordée, le climatologue Jean Jouzel (à écouter : cliquez sur l’image ci-dessous) nous rappelait notre responsabilité dans le réchauffement climatique sur lequel les plus grands spécialistes de la planète nous alertent depuis plus de 30 ans.
Malgré les COP et notamment la COP 21 qui s’était tenue du 30 novembre au 12 décembre 2015, les choses n’ont pas beaucoup évolué. Les prises de conscience n’ont rien changé au comportement des pays les plus industrialisés. Nous polluons toujours autant et ce ne sont pas les pays émergents qui vont enrayer le problème. Ce que nous avons du mal à comprendre, c’est l’effet papillon du réchauffement de l’arctique. La glace qui fond, c’est l’eau de nos océans qui monte et qui engloutit tout sur son passage. L’eau s’infiltre partout et n’importe où. Personne n’est à l’abri d’un tel bouleversement géographique. Les calculs annoncent que d’ici 2300, le niveau des océans pourrait augmenter de 15 mètres. Des îles et des cotes sont amenées à disparaître. On va assister à des migrations de populations bien plus importantes que celles engendrées par les conflits militaires. Pour la directrice exécutive par intérim d’ONU Environnement Joyce Msuya « Ce qui se passe en Arctique ne reste pas en Arctique ».
UNE FONTE DES GLACES PLUS QUE DANGEREUSE
Les études parues dans différentes publications scientifiques démontrent que dans le pergélisol de l’Arctique sont contenus des milliards de tonnes de méthane et de carbone. Là est le danger, car si ces gaz à effet de serre sont libérés dans l’air, ils ne feront qu’accélérer le processus de réchauffement et de fonte des glaces. Pour Joyce Msuya « Des mesures plus urgentes en matière de lutte contre le changement climatique sont plus que nécessaires si nous souhaitons nous écarter des points critiques qui pourraient être encore plus graves pour notre planète ».
4 MILLIONS DE PERSONNES MENACÉES
Si d’ici à 2050, 70 % des infrastructures sont menacées par le dégel de pergélisol, une étude récente nous apprend qu’il en est de même pour près de 4 millions de personnes. Et c’est sans compter sur l’acidification des océans. Sous l’effet du réchauffement, l’eau devenant de plus en plus acide la vie sous-marine sera bouleversée et par la même occasion c’est l’ensemble de la chaîne alimentaire qui va se retrouver altérée. Pour Kimmo Tiilikainen, le ministre finlandais de l’Environnement, de l’Énergie et du Logement « L’urgence de réaliser les objectifs de l’accord de Paris se manifeste clairement dans l’Arctique, car il s’agit d’une des régions les plus vulnérables et les plus en mutation du monde » avant de rajouter « Nous devons considérablement réduire à court terme les émissions de gaz à effet de serre, de carbone noir et d’autres éléments considérés comme des polluants climatiques à court terme dans le monde entier ».
La vraie question est de savoir si nous voulons sauver l’espèce humaine, car comme nous le disons assez souvent dans nos émissions ou nos colonnes, la planète s’en remettra toujours, ce qui n’est pas forcément le cas pour l’espèce humaine.
Bob Bellanca (btlv.fr/source ONU)






