Le 6 mars, si tout se déroule comme prévu et avec le SLS (Space Launch System)rien n’est jamais totalement acquis Artemis II pourrait enfin quitter la Floride pour un voyage habité autour de la Lune. La NASA a cessé de ménager le suspense : après une seconde répétition générale réussie, la date tient désormais la corde.
Artemis II, c’est le retour des humains au voisinage lunaire. Il n’y aura pas d’alunissage cette fois. Dix jours de vol, une boucle autour de la Lune, puis un amerrissage dans le Pacifique. À bord de la capsule Orion, propulsée par son module de service européen, quatre astronautes : Reid Wiseman aux commandes, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen.
Le SLS, 98 mètres dressés face à l’Atlantique, avait quitté le VAB le 17 janvier pour rejoindre le pas de tir 39B. La première Wet Dress Rehearsal ce compte à rebours grandeur nature avec remplissage complet des réservoirs s’était arrêtée net le 3 février. Une fuite d’hydrogène liquide à l’ombilical du premier étage. Rien d’inhabituel avec un carburant aussi capricieux, mais suffisamment sérieux pour bloquer la suite.
Les équipes ont remplacé les joints directement sur le pas de tir. Pas de retour au hangar géant. Travailler avec de l’hydrogène à –253 °C n’a rien d’anodin : la moindre imperfection d’étanchéité se paie immédiatement. La seconde répétition, achevée le 19 février, a cette fois tenu jusqu’au bout. Le lendemain, en conférence de presse au Kennedy Space Center, l’agence a annoncé la nouvelle sans détour : le 6 mars au plus tôt, 20 h 29 heure locale. En France, il sera 2 h 29.
UNE FENÊTRE DE TIR CONTRAINTE
Cette date figurait déjà dans le calendrier diffusé en janvier. Le 3 mars avait circulé un moment, avant d’être discrètement écarté. Les fenêtres de tir ne dépendent pas seulement des équipes au sol : il faut composer avec la mécanique céleste, les contraintes thermiques, la trajectoire de retour, et l’ensemble des paramètres propres à Orion et à son module européen.
Rien n’est encore signé. La Flight Readiness Review approche ; c’est là que tout se joue réellement. Les responsables devront valider que le lanceur, la capsule et les installations au sol peuvent fonctionner comme un seul système. Dans le spatial, l’optimisme s’exprime toujours à voix mesurée.
L’ÉQUIPAGE EN QUARANTAINE
Pendant ce temps, l’équipage s’est déjà isolé. Deux semaines de quarantaine, une routine pour éviter qu’un simple virus ne vienne enrayer des années de préparation. Les quatre astronautes ont entamé cette période au centre Johnson, à Houston. Ils rejoindront la Floride quelques jours avant le décollage. Le 27 janvier, ils avaient assisté au roll-out de leur fusée vers le pas de tir, un moment silencieux, presque solennel.
Si Artemis II décolle bien le 6 mars, ce sera la première fois depuis Apollo que des humains s’éloignent autant de la Terre. Une boucle lunaire, dix jours suspendus entre deux mondes, et le sentiment très concret que l’exploration habitée vient de changer d’époque. Pour ne rien manquer de notre actualité, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
François Deymier (rédaction btlv source Cité-espace– photo home page @btlv via adobe stock)







