22 février 2023 – Les résultats de l’analyse approfondie réalisée sur l’étrange momie « singe sirène » ont enfin été dévoilés. En mars 2022, nous avions annoncé que des scientifiques de l’Université des sciences et des arts de Kurashiki (KUSA) travaillaient en collaboration avec le temple Enju-in de la ville d’Asakuchi, au Japon, afin d’en savoir plus sur ce mystérieux artéfact.
Mesurant 30 centimètres, il pose question depuis des décennies. Il se compose d’un torse de primate poilu et de ce qui semble être une queue de poisson écailleuse. Ses deux mains encadrent son visage grimaçant.
Une note manuscrite laissée dans sa boîte de rangement en bois de paulownia indiquait que l’étrange créature avait été capturée au large de ce qui est aujourd’hui Kochi, vers 1740. Dans la mythologie japonaise, ce genre de bête est appelé ningyo et est un mélange de parties du corps humain et de poisson.

La sirène Enju-in / © (KUSA)
QUE DISENT LES ANALYSES
De nombreux temples et musées à travers le Japon possèdent ce qui semble être des ningyo momifiés. Ces artéfacts remontent principalement à la période Edo (1603-1868). L’étude menée par les scientifiques vient de finalement dévoiler qu’il s’agirait soit d’un canular, soit d’une fraude ou alors d’une œuvre d’art.
Les chercheurs ont d’abord analysé à l’œil nu l’artefact Enju-in, puis ils ont réalisé une imagerie par rayon X, une imagerie CT par rayons X, une microscopie optique et électronique, une analyse par rayons X fluorescents, une analyse de l’ADN et enfin une datation au radiocarbone.

Un scan 3D de la sirène / © (KUSA)
La créature est en réalité un assemblage de pièces de tissu, de coton et de papier, le tour recouvert d’une substance composée de charbon de bois ou du sable, mélangé à une pâte. La tête est principalement en coton. Quant aux poils, ils appartiennent à des animaux, et les écailles à deux sortes de poisson.

Un scan montrant qu’il n’y a pas de squelette, à l’exception de la mâchoire / © (KUSA)
QUELQUES QUESTIONS ENCORE NON RÉSOLUES
La datation au radiocarbone de certaines des écailles indique que la sirène aurait été fabriquée bien après ce qui est indiqué dans la lettre manuscrite.
« Le corps de poisson de la « sirène séchée » dans la collection d’Enju-in est recouvert de la peau d’un croaker, et le haut du corps est fait de tissu et de papier » ont conclu les chercheurs. « Il est fait de papier laminé et de peau de poisson-globe, avec du coton et d’autres garnitures et une substance semblable à du plâtre comme base, et est présumé avoir été fabriqué vers la fin des années 1800 ».
Cependant, les scientifiques ne savent pas comment la sirène est entrée en possession du temple Enju-in. L’artefact sera renvoyé chez lui et restera sous la responsabilité des prêtres.
Noémie Perrin (rédaction btlv.fr Source Science Alert)





