Climat : une ère glaciaire arrivera plus vite que prévu

17 octobre 2025

Une étude publiée dans la revue Science a révélé que des processus plus rapides liés au carbone organique pourraient annuler la stabilisation du climat terrestre, transformant ainsi les périodes de réchauffement en ère glaciaire.

Alors que la planète subit les effets du déréglement climatique et que de nouveaux modèles évaluaient l’ampleur des dégâts, il est apparu que les grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2) libérées dans l’atmosphère pourraient être compensées par une correction excessive du déséquilibre. Cette étude a exploré cette relation complexe, suggérant qu’une ère glaciaire pourrait survenir plus tôt que prévu.

OFFRE 1 FACEBOOK HALLOWEEN ANTENNE

UNE ACCÉLÉRATION DU PROOCESSUS

Initialement, le changement climatique devait retarder l’arrivée de la prochaine ère glaciaire de plusieurs dizaines de milliers d’années. Ce retard était attribué à un « thermostat » géologique qui absorbait le carbone en grande quantité sous les océans, éliminant ainsi les émissions de carbone d’origine humaine sur une période de 100 000 ans. Ces « thermostats » jouent un rôle clé dans la régulation du climat.

Les scientifiques avaient précédemment proposé l’idée d’un « thermostat paresseux », mais les nouvelles découvertes ont révélé que ce processus était beaucoup plus rapide que prévu. En effet, il capture le carbone sur des échelles de temps allant de 500 000 à 1 million d’années. Selon les climatologues, la combinaison de ces deux thermostats pourrait en effet provoquer le retour de l’ère glaciaire.

PROG ABO YOUTUBE (11)

Dominik Hülse, co-auteur de l’étude et expert en mathématiques et modélisation biogéochimique à l’Université de Brême, en Allemagne, a précisé que cette découverte ne signifiait pas que l’humanité serait à l’abri du dérèglement climatique dans un avenir proche. En réalité, ce nouveau thermostat n’a pas empêché les humains de subir les conséquences de ce dernier, mais il a offert une meilleure compréhension des processus géologiques régissant le climat.

Dans ce processus, la dégradation progressive des roches silicatées dans la régulation du climat de la Terre est importante. Connu sous le nom de rétroaction d’altération des silicates, il se produit lorsque les pluies captent le dioxyde de carbone de l’atmosphère et le déposent sur les roches silicatées. Ces substances se mêlent aux molécules et s’éparpillent au sol, finissant par se retrouver dans les mers, où elles contribuent à la formation de la craie et du calcaire.

Ce mécanisme joue un rôle de régulateur de température : une concentration accrue de CO2 dans l’air entraîne un réchauffement de la planète, ce qui intensifiait le cycle hydrologique. L’augmentation des pluies favorise également l’érosion des silicates, ce qui augmente le transfert de CO2 vers les mers et l’infiltration de CO2 de l’atmosphère dans les océans.

PROMO ARTICLE

LA REGULATION CLIMATIQUE EST UN PROCESSUS COLLECTIF

Néanmoins, des mécanismes plus sophistiqués affectent le cycle du carbone, et l’altération des silicates ne constitue pas le seul régulateur de température. Des études récentes ont révélé l’existence d’un deuxième régulateur de température, lié au cycle du phosphore sur Terre. Cela renforce la notion que ces cycles forment un système de rétroaction et jouent un rôle dans les périodes de froid entre les glaciations.

Il est improbable qu’un seul événement géologique soit à l’origine des multiples périodes glaciaires et interglaciaires qui ont eu lieu durant les époques plus chaudes. La dégradation du phosphore a permis aux phytoplanctons d’absorber plus de nutriments et, par conséquent, de capturer et de stocker davantage de CO2, qui était ensuite déposé au fond des océans.

LES HAUTES TEMPÉRATURES CONDUISENT A L’ERE GLACIAIRE

L’augmentation de la température terrestre entraîne une plus grande productivité des mers, ce qui favorise le stockage du carbone et, par conséquent, le refroidissement du climat. Contrairement aux silicates, l’altération du phosphore ne s’accélère pas avec le réchauffement de la planète. Au contraire, le phosphore continue d’être libéré dans les profondeurs marines.

VISUEL AVI LOEB

L’astronome de Harvard a répondu à nos questions

Bien que l’équilibre finisse par être atteint, la planète a tendance à réagir de manière excessive, entraînant des effets similaires à ceux d’un effet boule de neige. Le cycle actuel du carbone reste incertain, mais il est envisageable que le carbone organique puisse compenser le délai anticipé avant l’arrivée de la prochaine période glaciaire. Cela dépend de l’activation du régulateur de température associé au carbone organique, permettant ainsi de soutenir le cycle. Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux bouleversements climatiques, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

Valentin Rican (rédaction btlv source Science – photo home page @btlv)

Accédez à des émissions exclusives avec nos offres sans engagement
Découvrez nos offres

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch
La connaissance ne s'arrête pas... J'explore tout l'univers de BTLV !
Je rejoins BTLV

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch

Actus susceptibles de vous intéresser

Aller en haut