Laurent Simons soutient une thèse en physique quantique à l’université d’Anvers. Mais vous serez surpris en apprenant que cet élève n’a que 15 ans. Avec un lycée terminé à huit ans. Licence scientifique expédiée en dix-huit mois. Le 17 novembre 2025, il défend publiquement son doctorat. Les registres universitaires mentionnent son nom parmi les soutenances officielles. En Belgique, le cas est inédit.
PRÉCOCITÉ ET TRAJECTOIRE
Ce qui surprend également ne tient pas uniquement à la précocité. Il y a une continuité dans le travail, une trajectoire méthodique. Stages de recherche, collaborations, passages par des laboratoires allemands. Des propositions venues de grandes entreprises étrangères, écartées au profit d’un ancrage européen. Le projet n’a rien d’un simple record à inscrire dans une biographie. Il s’inscrit dans une ambition plus large : mobiliser la physique fondamentale pour éclairer la longévité humaine, croiser la théorie, la biologie et l’intelligence artificielle sans cloisonner les disciplines.
Sa thèse plonge dans un territoire exigeant. Les polarons. Ces quasi-particules qui émergent lorsqu’une impureté interagit avec les atomes qui l’entourent, se trouvant comme « habillée » par le milieu. Le décor : un état de matière encore rare, le supersolide. Une structure cristalline ordonnée, mais traversée par un flux sans viscosité, signature du superfluide. Deux propriétés qui, en principe, devraient s’exclure et qui pourtant coexistent.
MODÉLISATION QUANTIQUE
Le travail s’appuie sur l’étude d’une impureté unique plongée dans un condensat de Bose-Einstein dipolaire, système maintenu à des températures proches du zéro absolu. Sur arXiv, le manuscrit circule librement. On y voit se déployer une modélisation fondée sur l’intégrale de chemin, outil mathématique capable de suivre les trajectoires possibles d’une particule dans un paysage quantique instable. Les déformations du milieu, les interactions, les fluctuations prennent forme dans l’équation avant de s’esquisser dans l’expérience.
Il ne s’agit pas d’annoncer une fontaine de jouvence. Les retombées sont plus indirectes, plus lentes. Comprendre la dynamique d’un polaron dans un environnement supersolide, affiner les instruments conceptuels, suggérer de nouvelles pistes expérimentales — spectroscopie de haute précision, contrôle des systèmes quantiques complexes. À cet âge, l’exploit fascine. Mais au-delà de l’effet d’annonce, demeure un travail inscrit dans la continuité d’une recherche collective, exigeante, qui explore les marges encore instables de la matière et du temps. Pour ne rien manquer de notre actualité, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
François Deymier (rédaction btlv source Science & Vie – photo home page @btlv via adobe stock)







