3 novembre 2020 – A cette période de l’année où l’automne nous invite à nous poser davantage dans nos cocons et que nos nuits sont de plus en plus longues, nos rêves peuvent donc s’exprimer plus longtemps mais qu’ont-ils à nous dire ?
Les rêves sont des images, des sons, des phénomènes psychiques que le cerveau produit durant le sommeil. Ils interviennent en majorité pendant le sommeil paradoxal, le cinquième stade d’un cycle de sommeil. Le sommeil paradoxal se caractérise par une activité cérébrale intense.
Les rêves peuvent avoir plusieurs origines et interprétations, il n’y a pas de réponses clairement prouvées à ce jour, leur signification reste donc un joli mystère.
Par exemple, l’énergie anxieuse accumulée peut déclencher des rêves de stress sans signification plus profonde alors que d’autres rêves peuvent envoyer des messages sur ce qui compte vraiment et sur ce qui doit changer.
Les rêves qui se répètent ou attirent notre attention plus que les autres appartiennent probablement à ce dernier groupe et proviennent généralement de notre subconscient le plus profond.
LES SONGES INTRIGUENT DEPUIS LA NUIT DES TEMPS
Étymologiquement le verbe « rêver » était orthographié « resver » ou « reever » et signifiait radoter, divaguer.
Il convient de distinguer le rêve, fait neurobiologique, de leurs différents sens, représentations ou significations selon les cultures et civilisations anciennes. La pratique interprétative traditionnelle fût nommée l’oniromancie, un art divinatoire utilisant les rêves.
Le songe prophétique est bien connu dans de nombreuses sociétés de l’Antiquité dont chez les Sémites, comme en témoigne l’Ancien Testament. On s’intéressait déjà aux rêves à Sumer vers -3000 et dans l’Égypte ancienne vers -2500. Les découvertes archéologiques témoignent que les Égyptiens de la 10e dynastie croyaient qu’un rêve pouvait révéler l’avenir et avaient recours à des « clés des songes ». Ces rêves prémonitoires étaient considérés comme se manifestant le plus souvent sous une forme non immédiatement compréhensible, d’où le recours à un art spécial d’interprétation.
Le songe comme message divin existe également dans la mythologie grecque, à travers les rêves que Zeus envoie à Agamemnon ou les visions qu’accorde Apollon à Delphes.
Selon Freud, l’« interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance de l’inconscient ». Le rêve, loin d’être un phénomène absurde ou magique, il possède un sens « l’accomplissement d’un désir ».
En 1916, Carl Gustav Jung explique en effet que « la fonction générale des rêves est d’essayer de rétablir notre équilibre psychologique à l’aide d’un matériel onirique qui, d’une façon subtile, reconstitue l’équilibre total de notre psychisme tout entier ». C’est ce qu’il appelle la fonction compensatrice des rêves dans notre constitution psychique. En ce sens, le rêve participe au développement de la personnalité en même temps qu’il lie le sujet au vaste réservoir imaginaire qu’est l’inconscient collectif. Le rêve est par conséquent au cœur de la psychothérapie jungienne qui vise à rapporter chacun des motifs oniriques à l’imaginaire humain pour en développer le sens.
LE RÊVE, VOYAGE DE L’ÂME
Le rêve est également important dans les pratiques chamaniques. Une croyance répandue chez les peuples sibériens est que l’homme porterait en lui une sorte de double, une âme-esprit qui habite et anime le corps. Ce double peut abandonner le corps un temps et aller à l’aventure, en particulier durant le sommeil.
Au cours de ce voyage, l’âme peut être exposée à des accidents ou dangers de toute sorte, par exemple si le dormeur est réveillé subitement alors que son âme est au loin ou si l’âme est capturée par des esprits mauvais.
Dans les sociétés chamaniques, certains types de rêves apportent de la chance au chasseur. Par exemple, si un chasseur rêve de la fille de l’esprit de la Forêt c’est-à-dire du donneur de gibier, sa chasse sera couronnée de succès.
Les chamans sibériens voient aussi en rêve l’élan ou le renne dont la peau va lui servir à confectionner son tambour. Le rêve lui permet de savoir où le trouver et comment le reconnaître. Il ne lui restera plus qu’à faire part de ces renseignements au chasseur pour que celui-ci aille le tuer.
Plusieurs voies d’expérimentations existent mais en attendant de vous laisser aller à rêver au fond de votre lit, amusez-vous à préparer un « journal des rêves » dont le principe est de noter ceux dont vous vous souvenez dès les premières minutes de votre réveil, passé ce temps, pour la plupart le souvenir s’effacerait. Retrouvez Marielle Laheurte tous les mois pour “Au-delà de vos rêves” sur btlv.fr. et faites de beaux rêves !
Carine Privard (rédaction btlv.fr)





