1er février 2021 – Chacun de nous ayant ses propres aptitudes, talents et compétences cérébrales, ses « facilités », le psychologue américain Howard Gardner prône « les intelligences » qui ne sont pas forcément mesurables avec les tests de QI. Psychologue cognitiviste, professeur de neurologie à Boston et enseignant à la Harvard Graduate School of Education, il s’est intéressé à notre potentiel et au concept d’intelligence, particulièrement à la fin des années 70. Il voulait mettre en évidence que la pensée humaine est bien plus complexe et complète que les enseignements proposaient en psychologie. Étant, étymologiquement, la faculté de comprendre certaines choses, l’intelligence n’existe pas vraiment car elle n’est ni unique et encore moins universelle. Puisque, selon Howard Gardner, tous les hommes sont intelligents mais à leurs façons, il est opposé au test de QI. Pour lui, l’intelligence ne peut être mesurée car il y aurait plusieurs types d’intelligences. La théorie des intelligences multiples – proposée pour la première fois par Howard Gardner en 1983, et enrichie en 1993 – suppose qu’il existe diverses types d’intelligence chez l’enfant comme chez l’adulte. En effet, certains parlent, par exemple, d’intelligence émotionnelle, cette dernière étant composée par l’intelligence intrapersonnelle et l’intelligence interpersonnelle décrite par le psychologue.
Voir aussi l’article « Cerveau gauche ou droit, êtes-vous ou normopensant ou surefficient ? »
Il y a aurait, pour Howard Gardner, 8 formes d’intelligences qu’il a détaillé dans le livre « Les formes de l’intelligence » (éditions Odile Jacob).
Avant de voir l’ intelligence mathématique, spatiale ou encore musicale, commençons par celles qui sont à la base de l’intelligence dite émotionnelle.
L’INTELLIGENCE INTRAPERSONNELLE
Socrate disait « connais-toi toi-même ». Actuellement, on entend souvent des gens dire qu’ils « travaillent sur eux ». Ceux qui méditent, se posent des questions ou qui font un « travail intérieur » (seuls ou en séance) sont des experts de l’introspection. Ils ont connaissance de leurs qualités, de leurs défauts, de leurs forces et de leurs faiblesses, et ont conscience de leurs émotions grâce au cortex cingulaire antérieur. Produites dans l’amygdale, ils peuvent intégrer leurs expériences émotives dans le cortex préfrontal afin de prendre les meilleures décisions.
L’INTELLIGENCE INTERPERSONNELLE
Ce serait, en quelque sorte, l’intelligence du cœur. Cette intelligence sociale permet d’interagir avec les autres en comprenant leurs différences et leurs émotions. Ceux qui ont cette forme d’intelligence développée, sont réceptifs à leur entourage et comprennent très vite leurs besoins et leurs opinions pour, éventuellement anticiper en fonction. Cette intelligence sollicite particulièrement le sillon temporal supérieur et la jonction temporo-pariétale.
L’INTELLIGENCE MATHÉMATIQUE
A l’instar d’Albert Einstein (QI de 160) ou du détenteur du record de Qi, Terence Tao (230) les personnes ayant ce type d’intelligence assurent aux tests de QI. En effet, ils savent très bien faire des déductions, classer des nombres ou repérer des erreurs dans une suite. Cette intelligence logico-mathématique implique 3 zones du cerveau en particulier : le cortex préfrontal et le réseau fronto-pariétal afin d’avoir des raisonnements logiques sans raccourcis intuitifs et le cortex pariétal pour manier des nombres.
L’INTELLIGENCE KINESTHÉSIQUE
L’intelligence du corps permet la maîtrise de sa physiologie et des éléments de l’espace environnant. L’intelligence KINESTHÉSIQUE, du grec kinein (mouvement) et aisthesis (perception) fait travailler le cortex sensoriel pour avoir une bonne perception de son corps, le cortex moteur afin de planifier ses gestes et le cervelet pour les coordonner. C’est l’intelligence des sportifs, des danseurs et autres artistes corporels qui transmettent des émotions grâce à leurs arts
L’INTELLIGENCE MUSICALE
Les enfants, les femmes et les hommes disposant de l’intelligence musicale (et rythmique) différencient facilement les hauteurs des sons en sollicitant le cortex auditif primaire. Ils perçoivent finement les timbres grâce au lobe temporal droit, font 1 avec les rythmes et peuvent facilement mémoriser un air en exploitant leur hippocampe. Avec ces capacités et une bonne coordination, ces excellents musiciens peuvent monter sur scène sans problème.
L’INTELLIGENCE NATURALISTE
Le sens de l’observation et celui de l’organisation sont la base de cette intelligence. Reconnaitre et classer sont les activités favorites des personnes ayant une intelligence naturaliste. Les détracteurs d’Howard Gardner estiment que celle-ci n’est qu’une simple intelligence logico-mathématique appliquée. Par ailleurs, les parties du cerveau qui devraient être sollicitées pour cette forme d’intelligence n’ont pas été localisées.
L’INTELLIGENCE LINGUISTIQUE
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement » Nicolas Boileau. L’intelligence linguistique, compagne des orateurs et autres écrivains et humoristes permet de s’exprimer de façon juste et de comprendre facilement les pensées des autres. De nombreuses zones sont impliquées pour cette intelligence : le cortex frontal et le cortex temporal, entres autres. Cependant, es zones varient en fonction des noms (objets, personnes, animaux).
L’INTELLIGENCE SPATIALE
L’intelligence visuelle et spatiale serait à la base du sens de l’orientation et aussi pour passer facilement de la 2D à la 3D mentalement. Cela favorise la création des perspectives et la maitrise des proportions. Cela rend possible les représentations mentales pour une éventuelle reproduction sur le papier et/ou dans la réalité. L’intelligence spatiale implique l’hippocampe (repérage de ce qui est extérieur à soi) et le cortex pariétal (repérage par rapport à soi).
L’intelligence visuelle et spatiale serait à la base du sens de l’orientation et aussi pour passer facilement de la 2D à la 3D mentalement. Cela favorise la création des perspectives et la maitrise des proportions. Cela rend possible les représentations mentales pour une éventuelle reproduction sur le papier et/ou dans la réalité. L’intelligence spatiale implique l’hippocampe (repérage de ce qui est extérieur à soi) et le cortex pariétal (repérage par rapport à soi).
NOTRE CERVEAU A-T-IL D’AUTRES FORMES D’INTELLIGENCE ?
Il existerait aussi, toujours d’après Howard Gardner, une intelligence existentielle (ou spirituelle).
Elle se définit, à la façon de l’intelligence intrapersonnelle, par une prédisposition à se poser des questions sur le sens des choses et leur origine, la capacité à réfléchir sur nos origines ainsi que sur notre destinée. Cette intelligence existentielle, spirituelle ou morale est aussi l’aptitude à se situer entre l’infiniment grand et l’infiniment petit ou à proposer des façons, des arts de vivre. Pour Howard Gardner, cette intelligence existentielle n’est pas une intelligence à part entière. Elle est donc la « huitième et demi » dans son modèle.
Si le cerveau humain a 8.5 intelligences, quelles que soient celles que nous avons, nous aurions tous un 6ème sens magnétique !
Thierry Penin (rédaction btlv.fr)





