29 mai 2019 — Trois représentants syndicaux des laboratoires Boiron ont symboliquement déposé mardi à l’Elysée quelque 2.000 lettres signées par des salariés du groupe, pour exprimer leurs craintes sur l’avenir de leurs emplois en cas de déremboursement des produits homéopathiques par l’assurance maladie.
Une telle décision serait “un non-sens économique pour la France” et génèrerait pour les salariés de Boiron “une perte de pouvoir d’achat et une grande précarité. Pourquoi vouloir mettre à terre une entreprise française florissante?”, s’interrogent les salariés dans cette lettre dont l’AFP a obtenu un exemplaire.
Les trois représentants de l’intersyndicale de Boiron (CFDT, CFE-CGC et FO) n’ont toutefois pas été reçus par des conseillers du chef de l’Etat comme ils l’espéraient initialement, a précisé à l’AFP Vincent Mounier, délégué FO au sein du groupe.
La direction de Boiron martèle depuis des mois qu’un déremboursement total de l’homéopathie pourrait l’obliger à supprimer jusqu’à la moitié de ses emplois en France, soit 1.300 postes sur 2.600.
Car le chiffre d’affaires du groupe dépend à près de 60% du marché français, et les deux tiers de ses ventes françaises provenaient l’an dernier de produits remboursables.
L’action symbolique de mardi par l’intersyndicale de Boiron “n’a pas été téléguidée” par la direction du groupe, a assuré M. Mounier.
Habituellement très discrets, les salariés et syndicats de Boiron ne s’étaient pas immiscés jusqu’à présent dans le débat sur l’homéopathie, dont l’efficacité est très controversée au sein du corps médical.
Dans un avis provisoire sur la question transmis il y a dix jours aux trois laboratoires concernés (Boiron, Lehning et Weleda), la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis une recommandation “défavorable” au maintien du remboursement des produits homéopathiques.
La HAS doit rendre d’ici fin juin un avis définitif à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, laquelle s’est engagée à suivre les recommandations de cette institution qu’elle avait saisie sur la question en août 2018.
Les salariés de Boiron ont également récemment interpellé par écrit Mme Buzyn ainsi que la ministre du Travail Muriel Pénicaud, a encore indiqué M. Mounier à l’AFP.
Rédaction btlv.fr (source AFP)





