Durant les fêtes de fin d’année, nous sommes tombés sur un article d’opinion publié le 3 juillet 2025 dans le magazine numérique The Hill. Dans ce papier, il est évoqué la possibilité que le Pentagone ait délibérément diffusé de fausses informations sur les OVNIs afin de dissimuler des programmes classifiés.
On peut lire que d’anciens responsables du département de la Défense et des collaborateurs du Congrès, notamment Tim Gallaudet, ancien conseiller principal du groupe de travail de l’US Air Force sur les phénomènes aériens non identifiés (PAN), et Christopher Mellon, ancien secrétaire adjoint à la Défense chargé du renseignement affirment que certaines des récentes révélations du département concernant les ovnis pourraient avoir été « fabriquées » pour tromper le public et détourner l’attention de recherches sensibles.
OVNIs : LE PENTAGONE SOUS-PRESSION
Suite aux révélations de 2017 par le NY Times, le Pentagone est soumis à une pression accrue pour une plus grande transparence concernant les OVNIs suite à la diffusion dans les médias de plusieurs observations très médiatisées.
En 2022, la création du Bureau de résolution des anomalies tous domaines (AARO) a montré que pour la première fois le département de la Défense (DoD) mettait en place une entité permanente chargée de collecter, d’analyser et de rendre compte des OVNIs ou PAN (phénomènes aériens inexpliqués).
Depuis sa création, le Bureau a publié un rapport fortement expurgé qui reconnaissait « de multiples incidents d’origine inconnue » sans toutefois fournir d’explications définitives. Les critiques estiment que le caractère vague du rapport et la diffusion limitée des données suggèrent une volonté de contrôler le récit.
OVNIs : L’ARBRE QUI CACHE LA FORÊT ?
L’ article de The Hill affirme que le Pentagone serait allé encore plus loin en diffusant activement de fausses histoires d’OVNIs pour masquer des programmes de technologies avancées, comme des armes hypersoniques ou des plateformes de surveillance secrètes. Si, dans l’article, on peut déplorer le manque de nouveaux documents classifiés, ce dernier s’appuie sur des déclarations d’anciens employés et sur une analyse de communiqués publics.
Selon The Hiil, l’ancien contre-amiral de la marine américaine Tim Gallaudet a déclaré que « le département de la Défense a pour habitude d’utiliser le terme générique d'”OVNI” pour dissimuler le développement de systèmes aérospatiaux de nouvelle génération ». Il revient sur un briefing de 2022 au cours duquel de hauts responsables auraient décrit un « essai de propulsion novateur » comme une « observation d’OVNI » afin d’éviter un examen du Congrès. L’ancien militaire, qui a participé à la rédaction du rapport AARO de 2023, a averti que « si le Pentagone continue de confondre de véritables inconnues avec de la désinformation délibérée, il compromet la sécurité nationale et la confiance du public ».
De son côté, Christopher Mellon , fervent défenseur d’une plus grande transparence concernant les PAN, a fait part de préoccupations similaires. « On observe une tendance du ministère de la Défense à diffuser des images sensationnalistes, souvent de mauvaise qualité et non vérifiées, tout en classifiant les données sous-jacentes », a-t-il déclaré.
Lui aussi fait référence à une audition parlementaire de 2024 au cours de laquelle un haut responsable du renseignement avait décrit une « campagne de désinformation stratégique » visant à détourner l’attention des essais hypersoniques classifiés. Il a ajouté : « Le problème n’est pas l’existence des PAN, mais le mélange intentionnel d’inconnues réelles et de récits fabriqués de toutes pièces. »
Les deux personnalités, bien connues dans le dossier OVNIs, ont souligné que leur scepticisme repose sur des cas avérés de manipulation de l’information au sein des institutions de défense, et non sur une quelconque croyance conspirationniste en l’existence d’extraterrestres.
UNE AMBIGUITÉ NOTABLE
Pour les défenseurs de l’approche du Pentagone, la sécurité opérationnelle exige une certaine ambiguïté. Un porte-parole du Bureau du secrétaire à la Défense, qui a requis l’anonymat, a déclaré à The Hill que « le département doit trouver un équilibre entre la transparence et la nécessité de protéger les technologies sensibles contre les adversaires ». Par ailleurs, certains analystes soulignent que le budget et les effectifs limités de la cellule d’étude des phénomènes astronomiques non identifiés (UAP Task Force) restreignent sa capacité à vérifier chaque observation, ce qui l’amène parfois à recourir à des formulations approximatives. Pour ne rien manquer de l’actualité liée au phénomène OVNI, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Bob Bellanca (rédaction btlv source The Hill – Illustration home page @btlv via adobe stock)








