6 sept 2018 : La dépression, maladie du siècle? “Non, le marché du siècle!”, clament les professeurs Philippe Even et Bernard Debré dans un livre critique envers les antidépresseurs mais dont les principales conclusions sont contestées par les psychiatres.
Les deux hommes sont des habitués des ouvrages polémiques. En 2015, ils ont reçu un blâme de l’Ordre des médecins après la sortie de leur “Guide controversé des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux”. Puis, un an plus tard, le Pr Even a été radié après avoir traité des confrères de “putains académiques”. Ils sortent jeudi un nouveau livre, “Dépressions, antidépresseurs, psychotropes et drogues” (ed. du Cherche Midi). Il s’articule autour d’une thèse principale: 80% des dépressions sont “élevées de façon délibérée au rang de maladies” alors qu’elles ne justifient pas l’usage d’antidépresseurs.
DES DÉPRESSIONS SOUVENT D’ORIGINE SOCIÉTALE
“La plupart des dépressions sont d’origine sociétales, créées ou aggravées par une société de plus en plus dominée par l’argent”, écrivent les auteurs. Selon eux, “ce sont les dérives de cette société-là qu’il faudrait d’abord corriger, pour recréer les conditions du bonheur de tous, plutôt qu’endormir souffrances et anxiétés à coups de pilules miraculeuses”. “Je voudrais qu’on ouvre un débat”, explique à l’AFP Philippe Even, selon qui “le coût des antidépresseurs est d’environ 2 milliards d’euros, cinq fois le déficit des hôpitaux”. “Je voudrais qu’on dépense moins pour ça et un peu plus pour la psychothérapie, où le médecin écoute, essaie de rassurer, de rétablir le vivre-ensemble dans une société où on vit comme des lapins dans un clapier”, poursuit-il. Le débat sur les antidépresseurs n’est pas nouveau. Dans son rapport annuel sur l’évolution des charges publié fin juin, l’Assurance maladie dit vouloir relancer la réflexion sur ces médicaments, “probablement trop fréquemment prescrits de manière inadéquate”. Selon la Cnam, en 2016, 2,6 millions de Français sans maladie psychiatrique lourde ou chronique en ont consommé au moins trois fois, pour un coût total de 2,4 milliards d’euros.
Rédaction btlv.fr (source AFP)





