LE CŒUR DE MARS VA ÊTRE SCRUTÉ : un sismomètre français fin prêt à aller “ouvrir le capot” de la planète rouge (btlv.fr/source AFP)

21 avril 2018

20 avril 2018 : Baptisé SEIS, ce sismomètre principalement français sera chargé d'”écouter battre le cœur de Mars”. Embarqué sur le robot américain InSight, il sera lancé le 5 mai depuis la base de Vandenberg en Californie.

Comme l’explique Philippe Lognonné, responsable scientifique de l’instrument SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure), jeudi au siège du CNES, l’agence spatiale française : “L’idée, c’est d’aller ouvrir le capot” de la planète pour comprendre “pourquoi elle a cessé de fonctionner”. 

Le sismomètre va permettre de “voir le noyau, la croûte, le manteau” de la planète. Le chercheur CNRS de l’Institut de physique du Globe de Paris rajoute : “Cela doit aider à comprendre comment Mars s’est formée et pourquoi elle s’est éteinte, pourquoi il y a 4 milliards d’années le volcanisme a disparu, les rivières se sont asséchées et Mars est devenue la planète hostile que l’on connaît”.

ET SI LA VIE AVAIT DISPARU DE MARS

InSight va regarder “si finalement le destin d’une vie qui serait apparue sur Mars était déjà scellé d’avance à cause de la petite taille de la planète, à cause du manque de certaines propriétés du manteau”, relève-t-il. Instrument principal de la mission, SEIS a été essentiellement construit par la France, avec des partenaires européens (Royaume-Uni, Allemagne, Suisse). C’est finalement le JPL (Jet Propulsion Laboratory), laboratoire de la Nasa à Pasadena, qui a fourni la sphère hermétique chargée de maintenir le vide autour du sismomètre, instrument extrêmement sensible. Au départ, c’est le CNES qui devait procurer cette sphère mais un problème d’étanchéité sur cet équipement protecteur rencontré fin 2015 a empêché l’agence spatiale française d’être au rendez-vous pour la fenêtre de tir de mars 2016. La Nasa a alors reporté le lancement à mai 2018. La sonde voyagera six mois avant d’arriver sur Mars le 26 novembre 2018 pour une mission de deux ans. Une fois posé sur un endroit plat, l’atterrisseur américain déploiera à l’aide d’un bras automatique l’instrument SEIS sur le sol martien.

“Le sismomètre n’a rien à voir à ce que l’on fait d’habitude dans le spatial. Là, on est dans le domaine de l’horlogerie, des pendules”, a souligné Francis Rocard, responsable du programme d’exploration du système solaire au CNES. C’est l’industriel français Sodern qui a développé ces pendules avec l’Institut physique du globe, le Cnes “s’occupant de tout ce qu’il y a autour”, a-t-il indiqué.

UNE PREMIÈRE DANS LE SPATIAL

InSight est “la première mission dans l’histoire de la Nasa où l’instrument principal n’est pas américain, mais français”, a souligné Jean-Yves Le Gall, le président du CNES. “Cela fait suite à un concours d’idées que nous avons gagné”, a-t-il rappelé. “Le gagner c’était bien mais livrer un instrument qui marche comme nous l’avons fait, être prêts pour le lancement, je vous dis que ce n’étais pas facile. Il y a aura beaucoup d’émotion le jour du décollage”.

Bob Bellanca (btlv.fr/source AFP)

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