Conscience : et si notre « moi intérieur » se cachait dans la partie la plus primitive du cerveau ?

5 novembre 2026

Depuis des siècles, philosophes et scientifiques tentent de résoudre l’énigme du berceau de la conscience. D’où vient cette étrange sensation d’être soi ? Pourquoi avons-nous conscience de notre propre existence ?

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Aujourd’hui, deux neuroscientifiques proposent une théorie surprenante : notre conscience pourrait naître dans une région primitive du cerveau, bien plus ancienne que celle que l’on imaginait. Une hypothèse qui nous propose de remettre en question, tout que nous pensions savoir sur la conscience.

Dans une étude publiée le 25 août 2026 dans la revue scientifique The Neuroscientist, Marshall Devor, de l’Université hébraïque de Jérusalem, et Mark Baron, également affiliés à la Harvard Medical School, défendent une hypothèse qui remet en question certaines théories dominantes.

Selon les deux chercheurs, notre sentiment fondamental d’exister ne prendrait pas nécessairement naissance dans le cortex cérébral, cette partie du cerveau associée au raisonnement, à la mémoire ou encore au langage. Il pourrait trouver son origine beaucoup plus profondément, dans le tronc cérébral.

LE « MOI INTÉRIEUR » SERAIT-IL PLUS ANCIEN QU’ON NE LE PENSE ?

Le tronc cérébral est une structure située à la base du cerveau. Il intervient notamment dans la respiration, le rythme cardiaque, le sommeil et la vigilance. Pour Marshall Devor et Mark Baron, il faut lui attribuer une fonction bien plus fondamentale.

Ils proposent de distinguer deux dimensions de la conscience : d’un côté, notre capacité à percevoir et analyser le monde extérieur ; de l’autre, cette sensation intime et permanente d’être quelqu’un, ce fameux « moi intérieur ».

Pour ces deux scientifiques, le cortex pourrait traiter les informations complexes, tandis que le tronc cérébral serait à l’origine de l’expérience subjective elle-même. Autrement dit, notre cerveau pourrait analyser des milliers d’informations sans que toutes deviennent conscientes. Le tronc cérébral contribuerait alors à sélectionner celles qui accèdent à notre expérience vécue.

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LA DOULEUR, UNE CLÉ POUR COMPRENDRE LA CONSCIENCE ?

Pour défendre leur hypothèse, les deux chercheurs s’intéressent particulièrement à la douleur. Ils rappellent que certaines stimulations de régions profondes du cerveau peuvent provoquer des sensations douloureuses, alors que la stimulation directe du cortex ne produit pas systématiquement le même effet.

Important à noter : des lésions importantes du cortex peuvent altérer la perception, le langage ou la mémoire sans nécessairement entraîner une perte totale de conscience. À l’inverse, certaines lésions localisées du tronc cérébral peuvent provoquer un coma. Ces observations suggèrent que les mécanismes fondamentaux de l’expérience consciente pourraient se situer dans des circuits cérébraux plus anciens que le cortex.

UNE CONSCIENCE APPARUE BIEN AVANT L’HOMME ?

C’est ici, l’une des conséquences les plus fascinantes de cette théorie. Si les deux chercheurs ont raison et que les mécanismes fondamentaux de la conscience reposent bien sur des structures aussi anciennes, alors certaines formes élémentaires d’expérience subjective pourraient être apparues très tôt dans l’évolution des vertébrés.

On peut imaginer que cette prise de conscience du soi a pu apparaitre bien avant l’apparition des mammifères et de leur cortex particulièrement développé. Marshall Devor et Mark Baron évoquent ainsi la possibilité que des animaux comme les poissons ou les reptiles disposent de formes primitives de conscience. Une perspective qui interroge directement notre conception de l’intelligence et de la sensibilité animale.

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LE GRAND MYSTÈRE RESTE ENTIER

Si cette publication présente une théorie scientifique argumentée, il faut rester prudent car elle n’est la démonstration définitive de l’origine de la conscience. Elle ne prouve pas non plus que celle-ci pourrait exister indépendamment du cerveau ou survivre à la mort.

Car une question demeure, et elle est peut-être la plus vertigineuse de toutes : comment une activité électrique et chimique produite par des neurones peut-elle donner naissance à une expérience subjective ? Pourquoi ne sommes-nous pas simplement des machines biologiques traitant des informations, mais des êtres capables de ressentir leur propre existence ?

Sur ce point, les auteurs de l’étude reconnaissent eux-mêmes que leur théorie ne fournit pas encore de réponse complète. Finalement, peut-être que le plus grand mystère de l’Univers n’est finalement pas ce qui se trouve au-dessus de nos têtes, mais ce qui nous permet de nous demander qui nous sommes ? On vous laisse y penser…Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux recherches sur la conscience, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

Bob Bellanca (rédaction btlv source The Neuroscientist – illustration home page @btlv via ChatGPT)

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