27 août 2018 : Le Japonais Issei Sagawa, qui a défrayé la chronique en 1981 après avoir tué et dévoré une Néerlandaise à Paris, au coeur du documentaire français “Caniba”, reste habité par l'”obsession” du cannibalisme.
Plans serrés sur son visage et sa bouche, un parti pris tout au long de ce film de 1h30, Issei Sagawa affirme ne pas être en mesure d'”expliquer” son crime. Le documentaire vient de sortir en France . Aucune date n’est encore arrêtée pour la diffusion dans d’autres pays. “C’est simplement mon fantasme. Je ne peux rien dire de plus précis”, ajoute le Japonais âgé de 69 ans aujourd’hui, filmé dans son bungalow minuscule en banlieue de Tokyo. Celui que l’on a surnommé “l’ogre japonais” avait identifié sa pulsion cannibale très tôt à l’adolescence, en même temps que son éveil sexuel. Son désir se focalisait sur les beautés blondes du cinéma occidental. La star américaine Grace Kelly fut sa “première attraction”. “Les gens doivent penser que je suis fou. C’est parce que j’ai mangé Renée. Je sais que je suis fou”, déclare-t-il aux réalisateurs français Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, tous deux anthropologues. Et de souligner en français: “Je pense fou. Vraiment.”En 1981, le Japonais, alors âgé de 32 ans, était tombé amoureux de la ravissante Renée Hartevelt, 25 ans, étudiante comme lui à la Sorbonne.
UN CRIME PLANIFIÉ
Planifiant avec soin son crime, il avait invité la jeune femme à dîner dans son studio et l’avait tuée d’un coup de carabine avant de la dépecer. Trois jours durant, il avait mangé différentes parties de son anatomie. “Manger cette fille, c’était une expression d’amour. Je voulais sentir en moi l’existence d’une personne que j’aime”, avait-il confessé après son arrestation. Les experts attestant de sa maladie mentale, il bénéficiera d’un non-lieu et sera interné en France puis au Japon avant de recouvrer la liberté en août 1985. Devenu une star des médias, il avait publié plusieurs best-sellers comme “Cannibale” ou “J’aimerais être mangé”. Son “obsession” était “impossible à contenir”, confie-t-il dans le film, “je voulais manger des fesses plus que tout au monde”. L’anthropophagie fait partie de “l’histoire de notre humanité”, rappellent les auteurs du documentaire, qui entendent “provoquer” une réflexion sur “le plus grand des tabous”. Leur documentaire est interdit aux moins de dix-huit ans, peut-être en raison d’un extrait, pourtant flouté, de “Pinku”, genre de film pornographique nippon, dans lequel Issei Sagawa s’adonne à l’urophilie.
Rédaction btlv.fr (source AFP)





