12 avril 2018 : D’ici quatre ans, pour quelques millions d’euros, il sera possible de passer une quinzaine de jours en orbite !
Une start-up spécialisée dans la technologie spatiale, Orian Span, a déclaré vouloir ouvrir le premier hôtel en orbite autour de la Terre d’ici 2021. L’Aurora Station accueillera des visiteurs l’année suivante.
Le séjour de 12 jours avoisinera les 7,7 millions d’euros par personne, soit 644 660 € la nuit.

UN SÉJOUR HORS DU COMMUN
Actuellement, Orian Span doit encore trouver un fournisseur de services de lancement pour mettre la station en orbite. Des citoyens avaient été envoyés dans la Station Spatiale internationale, avec un prix d’entrée de 16 millions d’euros pouvant atteindre les 32 millions.
Selon Franck Bunger, fondateur de la start-up, les voyages proposés par son entreprise sont moins onéreux en raison d’une baisse des prix de lancement. Les personnes désirant allant dans l’espace peuvent réserver leur séjour en versant un acompte remboursable de 65 000 €.
« L’Aurora Station entrera en service dès son lancement, afin d’amener des voyageurs dans l’espace plus rapidement et pour un tarif inférieur à ce qui est proposé à l’heure actuelle », a précisé dans un communiqué Franck Bunger. « Notre objectif est de rendre l’espace accessible à tous, en continuant d’accroître la qualité des services, mais à un tarif plus bas ».
Évidemment, tout le monde ne pourra pas s’offrir un voyage dans l’espace, mais le rêve pourra devenir réalité pour un plus grand nombre de personnes. L’hôtel devrait se situer dans l’orbite terrestre basse à environ 321 km de la Terre. Les dirigeants de Orian Span ont indiqué qu’il fera à peu près la taille d’une cabine de jet privé, c’est-à-dire environ 13 mètres de long sur 4 mètres de large, avec un volume pressurisé de 160 m³. En comparaison, la Station Spatiale internationale est bien plus vaste : elle mesure 108 mètres de long, possède un volume pressurisé de 900 m³ et se situe à 400 km de la Terre.
Une fois terminée, l’Aurora Station aura une capacité d’accueil de six personnes en même temps grâce à des chambres privées pour deux personnes. L’entreprise a précisé que deux membres d’équipage feront partie de ces six personnes et seront d’anciens astronautes.
L’hôtel, actuellement en construction à Houston, a été conçu avec l’aide d’ingénieurs qui ont travaillé sur la Station Spatiale internationale. Orion Span, quant à elle, développe le logiciel de l’hôtel à Bay Area.
Les voyageurs pourront se déplacer librement en apesanteur, tandis que la station fera le tour de la Terre toutes les 90 minutes. Grâce aux nombreuses fenêtres de la station, ils pourront admirer le paysage et assister à 16 levers et couchers de soleil par jour. Les voyageurs pourront également vivre une expérience de réalité virtuelle grâce à l’« holodeck » présent dans l’hôtel. Ils participeront aussi à des recherches expérimentales en faisant pousser des plantes comestibles, qu’ils pourront rapporter sur Terre en souvenir. Ils auront également la possibilité de passer des appels vidéo grâce à un réseau Internet haut débit sans fil.
« Nous ne vendons pas l’équivalent d’un voyage à la plage dans l’espace », a souligné Franck Bunger à Bloomberg. « Nous vendons l’opportunité de devenir astronaute ».
UNE SAISON POUR UN SÉJOUR
Généralement, les astronautes se préparent deux ans avant leur départ dans l’espace. Avec Orian Span, ce temps de préparation est réduit à trois mois. L’Orian Span Astronaut Certification (OSAC) comprendra une version en ligne et en personne de la formation dispensée dans les locaux de la start-up à Houston, au Texas. Une certification finale sera délivrée à bord de l’Aurora Station.
Une fois qu’ils rentreront sur Terre, les voyageurs seront « accueillis comme des héros », a souligné l’entreprise.
Si le succès est au rendez-vous pour l’Aurora Station, Orion Span compte lancer des modules similaires et entreprendre la construction d’une station spatiale privée. Leur objectif sur le long terme est de « vendre l’espace. »
« Par la suite, nous souhaitons vendre des modules spécifiques pour créer les premiers immeubles en copropriété dans l’espace », a ajouté Franck Bunger. « Les futurs propriétaires Aurora pourront ainsi vivre, venir en vacances ou sous-louer leur appartement spatial ».
Chloé Bellanca (btlv.fr/source National Geographic)





