6 avril 2018 : L’histoire commence le 12 mars, un Biterrois de 53 ans était attendu après une visite chez son frère. Ses proches inquiets décident de partir à sa recherche en suivant son itinéraire, ils le trouvent inanimé au bord du fleuve l’Orb. On constate aucune trace de violence, et il n’a pas fait une chute dans le fleuve, il s’agit donc d’un malaise. Il est en arrêt cardiaque, sa température corporelle est tombée à 22 degrés. Il est à un niveau très élevé d’hypothermie. C’est sans doute cela qui l’a sauvé, et l’incroyable ténacité des personnels soignants. Il est ensuite transporté au centre hospitalier de Béziers. Des massages cardiaques vont être effectués sans interruption pendant quatre heures. Pourquoi les secouristes ont-ils continué à prodiguer des massages alors qu’après quarante minutes les chances de survie sont quasiment nulles ? Les médecins ont jugé que c’est l’hypothermie qui empêchait le cœur de repartir, il était donc nécessaire de réchauffer le patient avant de renoncer à le sauver.
SAUVÉ PAR L’HYPOTHERMIE OU PAR MIRACLE ?
On pense que l’hypothermie a sans doute protégé le cerveau et les organes vitaux. Si le corps était resté à une température de 37 degrés, l’issue aurait sans doute été fatale. Alors que le cœur était toujours arrêté, le patient a été héliporté au CHU de Montpellier. Les machines prennent le relais, en maintenant toutes les fonctions vitales. Puis, tout doucement, le cœur s’est remis à battre, une assistance a été gardée pendant deux jours par précaution, jusqu’à retrouver un rythme correct.Ce cas fera l’objet d’une publication dans une revue internationale, par les médecins du service de réanimation du CHU Lapeyronie. « Cela mettra sans doute un an, le temps que l’on étudie, que l’on décrypte les données scientifiques, qu’elles soient validées. » Aujourd’hui, le miraculé reprend des forces, il a pu marcher, répondre aux ordres simples, mais son intubation l’empêche encore de parler. Pour les médecins, il s’agit d’une guérison miraculeuse même si elle peut s’expliquer par la science. C’est aussi la conséquence d’une formidable chaîne de solidarité.
François Deymier (btlv.fr/source Midi Libre)





