Archéologie : des tablettes de malédictions ont été retrouvées

30 juin 2025

Découvertes à divers endroits de l’ancien Empire romain, des tablettes de malédiction, également connues sous le nom de Tablettes de défixion.

VISUEL LIVRE POURTAL ANTENNE (1920 x 1080 px) (1)

Ce sont des feuilles de plomb fines qui fournissent une vue fascinante des aspects les plus obscurs de la spiritualité quotidienne entre 500 avant J.-C. et 500 après J.-C qui viennent d’être retrouvées. Ces artefacts, souvent ornés de messages de vengeance visant des concurrents, des gens infidèles ou des voleurs, étaient dissimulés dans des sépultures, immergés dans des eaux ou placés à proximité de sites sacrés afin de renforcer leur pouvoir surnaturel.

RITUELS DE MALEDICTION

Les personnes éprouvant des ressentiments personnels utilisaient ces rituels, incorporant parfois des éléments symboliques tels que des morceaux d’os ou des figurines en argile avec des clous pour intensifier la malédiction.

A l’époque, la croyance populaire stipulait que tant que la tablette restait dissimulée, la malédiction conservait sa force ; la trouver la rendait inefficace. Bien que ces pratiques étaient prohibées par les lois romaines, la découverte de plus de 1 700 tablettes, de Rome à la Bretagne, montre que ces rituels étaient courants aussi bien chez les soldats que chez les civils.

BTLV DON

Michael Hölscher, professeur à l’Université de la Ruhr à Bochum, avance que le livre de l’Apocalypse, rédigé en Asie Mineure sous l’Empire romain, fait intentionnellement allusion à ces rituels de malédiction à travers son symbolisme apocalyptique. Par exemple, dans Apocalypse 13, la bête arbore des noms blasphématoires gravés sur ses têtes, ce qui rappelle les malédictions spécifiques inscrites sur les tablettes.

Dans Apocalypse 18, l’ange qui jette une grande pierre dans l’océan, annonçant la chute de Babylone, est vu comme une inversion divine de la méthode de malédiction qui consistait à plonger les tablettes dans l’eau. Selon cette interprétation, les premiers chrétiens ont pris un rite romain prohibé « la malédiction » et l’ont transformé en une forme de justice divine contre les régimes tyranniques, redonnant une signification morale aux mots et aux symboles.

OVNI 

Michael Hölscher met en avant que ces rituels illustrent la vitalité des croyances anciennes. La magie, loin de se cantonner à la vengeance ou à la malveillance, était profondément enracinée dans les valeurs de l’autorité, de la religion et de la justice sociale. Dans la Bible, il existe des cas où le langage est utilisé pour maudire, comme lorsque Jésus dessèche le figuier, soulevant des questions sur les limites éthiques du langage : à quel moment une prière se transforme-t-elle en malédiction ?

L’analyse des tablettes maudites, en comparaison avec des extraits bibliques, met en lumière la façon dont les outils spirituels ont été redéfinis et contestés dans le cadre de systèmes idéologiques rivaux, opposant la magie romaine à la théologie chrétienne. Cette étude éclaire comment ces pratiques rituelles obscures n’ont pas été éradiquées, mais plutôt réinterprétées dans les contextes littéraires et moraux qui ont influencé le christianisme naissant. L’exploration de ces pratiques offre une perspective intrigante sur la migration et la transformation des technologies spirituelles à travers les différents contextes idéologiques. Pour ne rien manquer de l’actualité liée à l’archéologie mystérieuse, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

Bob Bellanca (rédaction btlv source The Archeologist – Photo home page : Damian Gorczany)

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