Un démon redécouvert dans une œuvre de Joshua Reynolds

8 novembre 2023

8 novembre 2023 – Des spécialistes de la conservation ont minutieusement restauré une figure démoniaque longtemps négligée, attisant un débat historique parmi les amateurs d’art du XVIIIe siècle.

Bien que les festivités d’Halloween soient passées, l’écho d’un démon continue de résonner à Petworth House, dans le West Sussex en Angleterre. Une découverte surprenante a été faite par des restaurateurs dans un recoin d’une peinture du XVIIIe siècle par Joshua Reynolds, en pleine préparation d’une rétrospective dédiée au tricentenaire du peintre.

L’œuvre en question fige une scène marquante de « Henri VI, Partie 2 » de Shakespeare, où le roi observe le cardinal Beaufort, son grand-oncle, succomber à une maladie. Henry s’exclame : « Ôtez de lui cet esprit intrusif et robuste qui assiège l’âme de ce malheureux, chassez de son cœur ce désespoir obscur ! »

démon

Crédit photo National Trust

LE GÉNIE DE REYNOLDS

L’ingéniosité de Joshua Reynolds se révèle dans la représentation littérale de cette « entité démoniaque », incarnée par un visage effroyablement macabre émergeant près de l’oreiller du cardinal agonisant. Cette interprétation visuelle n’a pas été sans critiques, comme le souligne Ian Youngs de BBC News. Selon John Chu, conservateur national des collections de peintures et de sculptures au National Trust, lors de sa première exposition en 1789 à la Shakespeare Gallery, l’œuvre a provoqué plus de controverse que n’importe quelle autre œuvre présentée.

La démarche de Reynolds, qui rompt avec les conventions artistiques de l’époque en conférant une apparence physique à une métaphore de Shakespeare, a suscité un large éventail de réactions. John Chu remarque que bien que la littérature puisse jouer avec la notion de démon intérieur, sa transposition en peinture l’a rendue excessivement concrète pour certaines critiques de l’époque. Des discussions rapportées avec l’artiste révèlent sa résistance face aux pressions pour modifier son œuvre.

Initialement visible sur les premières impressions de la peinture, le démon a été progressivement estompé, et une réimpression posthume montre des efforts pour effacer la silhouette du démon confirme le National Trust.

Avec le temps, la silhouette diabolique s’est fondue dans l’obscurité, éclipsée par des restaurations antérieures qui l’avaient tout bonnement omise, explique Elaine Velie de Hyperallergic.

La combinaison de couleurs clair-obscur, spécifique à Reynolds qui séchaient plus lentement, a contribué à son effacement progressif. Les restaurateurs ont dû faire face à l’accumulation de six couches de vernis.

Bob Bellanca (rédaction btlv Source Nationaltrust)

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