Mines fermées, incendie souterrain, pollution : derrière les façades désertes de ces villes américaines se cachent des histoires bien réelles. Leur silence, lui, nourrit toujours les légendes.
Une rue vide, des vitrines poussiéreuses, des maisons que leurs habitants semblent avoir quittées la veille… Les villes fantômes fascinent parce qu’elles donnent l’impression que le temps s’est arrêté. Une galerie publiée par The Mirror invite à parcourir plusieurs de ces lieux aux États-Unis. Mais toutes ces communes n’ont pas connu le même destin : certaines sont désertes, d’autres accueillent encore des habitants.
L’OR DES MINES, PUIS LE SILENCE
Bodie, en Californie. À la fin du XIXe siècle, la ruée vers l’or attire des milliers de personnes dans cette cité des montagnes de la Sierra Nevada. Il n’en subsiste aujourd’hui qu’une partie, conservée dans un état de dégradation contrôlée. Dans les bâtiments, meubles et objets rappellent la vie quotidienne de ses anciens habitants. Bodie est désormais un parc historique.
Rhyolite, dans le Nevada. Cette ancienne ville minière s’est développée à une vitesse fulgurante avant de décliner. Près de la vallée de la Mort, les visiteurs peuvent encore découvrir les ruines de sa banque et une maison construite avec des bouteilles de verre. Le Bureau of Land Management, qui gère le site, n’y autorise que les visites de jour.
St. Elmo et Animas Forks, dans le Colorado. La première a conservé ses façades de bois et une poignée d’habitants. Une histoire locale raconte que les anciens résidents seraient partis à bord du dernier train sans jamais revenir. Plus haut dans les montagnes, Animas Forks comptait 450 habitants en 1883, selon le Bureau of Land Management. Le recul de l’activité minière en avait fait une ville fantôme dans les années 1920.
Silver City, dans l’Idaho. Ici, le passé n’a pas totalement chassé le présent. Quelque 75 bâtiments historiques subsistent, et quelques commerces ouvrent pendant la saison des visites. L’accès dépend toutefois des conditions de la route de montagne, généralement fermée en hiver, précise Visit Idaho.
À CENTRALIA ET PICHER, LE DANGER ÉTAIT BIEN RÉEL
En Pennsylvanie, Centralia a été vidée de la majeure partie de sa population à cause d’un feu qui brûle sous terre depuis 1962. Les risques liés aux gaz et aux affaissements du sol ont conduit les autorités à racheter des propriétés et à reloger leurs occupants. Quelques propriétaires étaient encore présents en 2013, d’après le département de la protection de l’environnement de Pennsylvanie.
À Picher, dans l’Oklahoma, l’exploitation du plomb et du zinc a laissé un lourd héritage de pollution. Une tornade a également frappé la ville en 2008. L’agence américaine de protection de l’environnement, l’EPA, a alors financé le rachat de biens et le départ de résidents. Derrière l’image saisissante d’une ville abandonnée se trouve une histoire de déplacements forcés et de risques sanitaires.
JEROME, LA VILLE FANTÔME QUI A REPRIS VIE
En Arizona, Jerome rappelle que l’expression « ville fantôme » ne décrit pas toujours la réalité actuelle. Après l’arrêt de la grande activité minière en 1953, sa population a fortement chuté. La commune a depuis retrouvé une vie culturelle et touristique : artistes, familles et commerçants y habitent aujourd’hui, comme le souligne la municipalité de Jerome.
Ces lieux n’ont pas besoin de manifestations surnaturelles pour intriguer. Leurs bâtiments racontent l’essor de villes entières, puis les événements qui ont poussé leurs habitants à partir. Les récits de hantise appartiennent, eux, au folklore qui entoure souvent les lieux abandonnés un thème que BTLV explore également à travers ses articles sur les lieux réputés hantés. Pour recevoir d’autres histoires mystérieuses et les prochaines actualités de BTLV, inscrivez-vous à notre newsletter.
Valentin Rican (rédaction btlv source The Mirror – photo home page @btlv)







