Paranormal Activity : La saga qui a traumatisé une génération revient

9 décembre 2025

Depuis sa première apparition en 2009, Paranormal Activity a investi un terrain peu exploré par le cinéma d’horreur : celui de l’invisible.

Pas de monstres à l’écran ni de créatures numériques. Juste des souffles d’air qui font claquer les portes, des ombres fugitives et des sons captés par une caméra qui, en principe, ne filme rien. Une angoisse discrète mais tenace, qui s’immisce dans le quotidien sans faire grand bruit. Retour sur une franchise qui a changé notre manière de voir ou de craindre l’invisible.

Aujourd’hui, la saga s’apprête à faire son grand retour. Et pas sous n’importe quelle houlette. C’est James Wan réalisateur de Saw, Insidious et Conjuring qui va donner naissance du prochain opus. Une association qui semble couler de source : Wan a bâti son univers sur les frontières floues entre réel et surnaturel.

“Paranormal Activity”, lui, en a fait sa marque de fabrique. Mais pourquoi ce retour suscite-t-il autant d’attente ? Pour le comprendre, il faut se pencher sur le parcours d’une franchise qui a redéfini notre rapport à la peur.

L’ORIGINE BANALE DE PARANORMAL ACTIVITY ? UNE PEUR UNIVERSELLE

Tout commence dans une maison de banlieue, aussi ordinaire que familière. Oren Peli y installe une simple caméra fixe, héritière du found footage déjà popularisé quelques années plus tôt par The Blair Witch Project. Ce dispositif minimaliste permet de tourner avec un budget dérisoire. Et surtout il offre une esthétique brute comme tirées d’une enquête amateur menée par des chasseurs de fantômes : quelques bruits étouffés, une porte qui bouge, un objet qui tombe.

Rien de spectaculaire, mais assez troublant pour fissurer notre sécurité rationnelle car l’illusion d’images authentiques renforce l’immersion et le spectateur devient presque enquêteur malgré lui, scrutant le moindre pixel, tendant l’oreille au moindre craquement, interprétant ce qu’il croit voir… ou entendre.

SOIREE MEDIUMNIQUE ET ASTRO (1)

Mais comme The Blair Witch Project avant lui, Paranormal Activity, repose sur une idée simple : ne rien montrer… et laisser l’imagination faire le reste. Là où tant de films d’horreur misent sur des apparitions spectaculaires, ici on ne voit rien et c’est une stratégie redoutablement efficace parce que chacun peut y projeter ses propres peurs. C’est là toute la force du dispositif : l’horreur ne se produit pas seulement à l’écran, elle se fabrique dans la tête. Et c’est précisément pour cela qu’elle reste, longtemps après la fin du film.

Le film n’avait rien d’un futur blockbuster. Et pourtant. Le public se reconnaît dans ce couple ordinaire confronté à l’inexplicable. En salle, les réactions sont immédiates : cris, départs précipités, spectateurs incapables de supporter la scène finale. La rumeur enfle, la peur se propage. Résultat : plus de 193 millions de dollars récoltés dans le monde. Un record pour un film indépendant de ce genre, et le point de départ d’une saga durable qui imposera une nouvelle manière de filmer l’horreur. Dans son sillage, une prolifération de films found footage voit le jour : Grave Encounters, The Last Exorcism, REC. Tous reprennent les codes installés par la saga, preuve que Paranormal Activity n’a pas seulement marqué le public, il a redéfini un pan entier du cinéma d’horreur.

MALÉDICTION FAMILIALE

La franchise tisse peu à peu une mythologie. On y découvre une malédiction familiale transmise de génération en génération, ainsi qu’une entité démoniaque nommée Toby, invisible mais omniprésente.

Ce qui marque, film après film, c’est la constance des manifestations : bruits, déplacements d’objets, comportements altérés. Autant d’éléments qui rappellent les récits de poltergeists, ces esprits bruyants qui perturbent l’ordre domestique et puisent, selon certaines croyances, leur force dans l’attention qu’on leur accorde.

Au fil de la saga, la menace se déplace. Là où le premier film visait un couple d’adultes, les volets suivants s’intéressent de plus en plus aux enfants. Un choix qui accompagne aussi l’évolution de son public : ceux qui se projetaient jadis dans les angoisses d’un jeune couple découvrent désormais la peur sous un autre angle, celui de parents incapables de protéger leur progéniture.

VISUEL ABO NOEL

Car qu’y a-t-il de plus terrifiant que de sentir son enfant exposé à des forces invisibles, contre lesquelles aucune logique ni aucun geste concret ne peut suffire ? La vulnérabilité n’est plus individuelle : elle touche la chair de sa chair, et rend l’impuissance d’autant plus déchirante.

La saga s’inscrit ainsi dans un folklore contemporain, qu’elle modernise par un prisme technologique. Ici, la caméra remplace l’œil humain : elle enregistre, enquête, mais devient aussi complice, voire le déclencheur des phénomènes. Un concept d’autant plus parlant qu’il interroge aussi notre rapport aux images. Dans un monde saturé de smartphones, de vidéosurveillance ou de webcams, Paranormal Activity exploite cette anxiété contemporaine : peut-on vraiment faire confiance à ce que l’on filme ? Ou la caméra devient-elle un révélateur de ce que l’œil refuse de voir ?

NOUVELLE VISION POUR UN MONDE INVISIBLE

Avec l’arrivée de James Wan, c’est une nouvelle phase qui s’ouvre pour la franchise. Réputé pour son sens aigu du suspense et sa mise en scène du surnaturel, Wan sait transformer une maison en entité vivante. Dans ses films, chaque recoin devient une source potentielle d’angoisse. Chaque silence, une menace.

Son implication laisse présager un ton plus sombre, plus dense, peut-être même plus ancré dans une logique occulte. Rituels oubliés, croyances enfouies, indices dissimulés dans les murs : Wan pourrait redonner du poids symbolique à l’invisible.

Pour lui, le premier Paranormal Activity reste une référence : un modèle d’épure et de tension rampante. Il affirme vouloir prolonger cette atmosphère, tout en y injectant une narration plus élaborée.

EVENEMENTS 2026 (2)

Le prochain chapitre de Paranormal Activity ne vient pas seulement relancer une saga. Il tombe à un moment où le public s’intéresse plus que jamais aux phénomènes paranormaux. Témoignages filmés, enquêtes diffusées en direct, podcasts spécialisés : le réel semble désormais flirter avec la fiction.

Et c’est justement ce dialogue que James Wan pourrait explorer. La date de sortie reste inconnue, tout comme le scénario. Mais une chose semble certaine : Paranormal Activity n’a pas dit son dernier mot. Et l’invisible, lui, s’apprête à frapper à nouveau. Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter.

François Deymier (Rédaction btlv Source Hollywood reporter – photo home page @btlv)

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