5 septembre 2024 – Le Dolmen de Menga construit 1 000 ans avant Stonehenge révèle des techniques de construction complexes utilisées il y a environ 6 000 ans.
Le colossal monument de pierre trouvé en Espagne qui est de 1000 ans plus vieux que la pyramide à degrés de Djéser ou encore Stonehenge est tout aussi fascinant. Les bâtisseurs de l’époque Néolithique ont construit une chambre en pierre colossale qui comprenait une pierre de couronnement de 150 tonnes, soit environ cinq fois le poids du mégalithe le plus lourd de Stonehenge. Un poids qui ramène toujours à cette question : comment ont-ils fait ?

L’entrée du Dolmen de Menga / Crédit photo : Leonardo García Sanjuán
Selon une étude publiée dans la revue Science Advances, cette structure datant de 3600 à 3800 avant J.-C., connue sous le nom de dolmen de Menga, était certainement l’un des plus grands monuments mégalithiques de l’Europe antique. Les chercheurs l’assurent, Menga a été construit avec un niveau de compréhension scientifique extraordinaire. A ce sujet, archéologue à l’University College de Londres, Michael Parker Pearson déclare :
« J’ai toujours été impressionné par les compétences techniques nécessaires à la construction de ce dolmen…On comprend avec quelle précision cela a dû être fait, avec un œil extraordinaire sur les dimensions et les angles. Avec des pierres aussi grosses, ils ne pouvaient pas se permettre de faire des erreurs lors de leur mise en place ».
UN DOLMEN AUX DIMENSIONS HORS NORMES
De 25 mètres de long, le dolmen de Menga est une chambre recouverte d’un monticule de terre. Son toit, ses murs et ses colonnes sont composés de 32 grandes dalles de pierre, le tout pour un poids d’environ 1 140 tonnes. Encore plus incroyable, on sait maintenant que les pierres venaient d’une carrière située à 1 km de là. Pour les archéologues, les ouvriers travaillant sur ce chantier auraient très probablement transporté les pierres à l’aide de traîneaux sur une piste faite de poutres en bois, ce qui implique une connaissance des frottements, de l’accélération et du centre de masse.

L’intérieur du Dolmen de Menga / Crédit photo : Istock via Conseil national de recherche espagnol
Toujours à prendre au conditionnel, une fois acheminée sur le lieux du futur Dolmen de Menga, les pierres constituant les murs et les colonnes ont été placées verticalement dans des cavités profondes, de sorte que jusqu’à un tiers, chaque pierre se trouvait sous terre. Ce qui lui a assuré sa stabilité. Voulant aller encore plus loin dans la complexité, et assurer une sécurité absolue, les bâtisseurs y sont probablement parvenus en utilisant des contrepoids et des rampes qui devaient tenir compte de la nature relativement tendre, et donc fragile, du grès. Les pierres des murs ont été taillées pour s’imbriquer et s’appuyer les unes contre les autres, ce qui ajoute à la stabilité de la structure.
« Ces gens n’avaient aucun plan de travail et, à notre connaissance, aucune expérience préalable de construction d’un tel objet », explique à Nature News Leonardo García Sanjuán, co-auteur de l’étude et archéologue à l’université de Séville en Espagne…Sauf qu’« Il est impossible de faire cela sans avoir au moins une connaissance pratique de base de la science ».
La structure affiche des murs légèrement inclinés vers l’intérieur, formant un angle compris entre 84 et 85 degrés, de sorte que le haut de la chambre est plus étroit que le bas, en forme de trapèze. La plus grande des cinq pierres de couronnement a été sculptée pour augmenter la répartition des contraintes, créant ainsi une arche rudimentaire, dont le centre est plus haut que les côtés.
« À notre connaissance, c’est la première fois que le principe de l’arc est documenté dans l’histoire de l’humanité », a expliqué Leonardo García Sanjuán à New Scientist. Bien que l’objectif de la chambre soit inconnu, les scientifiques suggèrent qu’elle avait une fonction funéraire. Pour ne rien louper de l’actualité de l’archéologie mystérieuse, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Bob Bellanca (rédaction btlv)





