6 juillet 2022 – Il y a quelques semaines encore, Shanghai était sous confinement strict. Les récalcitrants étaient battus, et les malades envoyés dans des camps. Forcée de lâcher du lest avec le taux de contamination qui baisse, la municipalité a installé dans toute la ville ses premières « sentinelles numériques » pour renforcer la surveillance de la population grâce à la reconnaissance faciale et de l’intelligence artificielle.
ZÉRO COVID
Depuis le début de la pandémie, le monde a pu se rendre compte de la dictature chinoise avec les mesures de restrictions mises en place dans le pays. Avec une stratégie « zéro Covid », le gouvernement fut des plus sévères avec la population.
Après un confinement de deux mois, le plus long depuis le début de la pandémie, la vie a repris son cours, comme on peut le lire dans le journal South China Morning Post.
Si les autorités sanitaires mondiales avancent l’idée d’une maladie qui va passer de pandémique à endémique, de nombreux Chinois, en ce sens, ont déjà décidé de vivre avec le virus. Pour y parvenir, les habitants des grandes villes et notamment Shanghai vivent le cauchemar de la haute surveillance.
Les règles mises en place par les autorités impliquent de montrer patte blanche. L’une des premières mesures est que pour prendre les transports il est impératif de montrer la preuve d’un test négatif. Un dispositif qui, vu le manque de personnel, est impossible à suivre à la lettre. Du coup, la ville vient d’investir pas moins de 7,5 milliards dans des « sentinelles numériques ».
BIG BROTHER
Ces outils numériques, dotés de l’intelligence artificielle sont annoncés comme intelligents et peuvent ainsi contrôler la température des habitants, mais aussi vérifier les carnets de vaccinations et les autres résultats de tests.
A ce jour, on estime à deux millions le nombre de sentinelles qui seront installées dans les semaines qui viennent. Un déploiement qui fait office d’expérience car on sait qu’une fois en place, si le dispositif est fiable, il sera déployé dans d’autres endroits du pays.
Selon les autorités, les sentinelles pourront vérifier les informations concernant la vaccination et les tests, mais elles seront aussi capables de retracer les récents mouvements des habitants. Si les conditions ne sont pas réunies, les citoyens se verront refuser l’accès aux lieux publics.
1984
Sur son site officiel, la société SenseTime, la plus importante société d’intelligence artificielle en Chine, a listé les possibilités des sentinelles : contrôle de la température, vérification du code de santé, détection de masque, vérification des tests de détection de l’acide nucléique et vérification et contrôle du dossier de vaccination et de l’identité.
En 1949, George Orwell dans son livre « 1984 » évoquait une société sous-surveillance effrayante qui, 73 ans plus tard, est en train de se mettre en place. Si cela commence par les pays les moins démocratiques, on ne doute pas qu’un jour, cela puisse arriver dans ceux où la démocratie est de mise… Reste à savoir jusqu’à quand ! Pour en savoir plus sur l’intelligence artificielle, nous vous renvoyons vers l’émission réalisée avec la journaliste Italienne Enrica Perucchietti pour son livre « L’homme cybernétique ».
Bob Bellanca (rédaction btlv.fr Source Le Petit Journal)





