Archéologie : des fossiles d’hominidés vieux de 773 000 ans, offrent une nouvelle « racine » de la lignée d’Homo sapiens

23 janvier 2026

La mise au jour de fossiles âgés de 773 000 ans dans une grotte du Maroc a profondément modifié notre vision des débuts de l’humanité. Ces restes osseux, provenant d’une époque peu connue de l’histoire humaine, pourraient fournir des informations cruciales sur un groupe d’humains ayant vécu avant nous.

VISUEL ANTENNE (4)

Ces découvertes comprennent, selon une recherche parue dans le magazine scientifique Nature, trois mâchoires (dont une appartenant à un enfant), des vertèbres, un fémur, et des dents. Les fossiles ont été découverts dans la grotte à Hominidés de la carrière Thomas (ThI-GH) à Casablanca. Ces restes sont d’une grande importance car ils constituent les premiers fossiles d’hominidés de cette époque retrouvés sur le continent africain.

UNE GROTTE MAROCAINE DEVOILE DES RESTES DE NOS ANCETRES

Jean-Jacques Hublin, spécialiste en paléoanthropologie au Collège de France et à l’Institut Max Planck pour l’Histoire de l’Homme à Leipzig, en Allemagne, a expliqué à CNN que « jusqu’à environ un million d’années, de nombreux fossiles d’hominidés sont découverts en Afrique. Ensuite, il y a une coupure nette jusqu’à environ 500 000 ans, et pendant cette période, il y a très peu de choses connues ».

Il a ajouté : « C’est incroyablement excitant de trouver des fossiles précisément au milieu de cette période vide ». L’analyse de ces fossiles, réalisée par tomodensitométrie et autres méthodes, a mis en lumière un ancêtre présentant un mélange de caractéristiques anciennes et plus avancées. Ces fossiles, avec leurs traits mixtes, laissent perplexes les spécialistes.

Il est important de souligner que ces artefacts ne possédaient pas de menton prononcé, mais leurs dents et d’autres éléments dentaires ressemblent à ceux des Néandertaliens et des Homo sapiens.

Découverts principalement entre 2008 et 2009, ces fossiles ont récemment été datés avec une grande précision. Pour cela, l’équipe de chercheurs a employé le paléomagnétisme, une méthode qui permet de repérer la signature géologique d’une inversion du champ magnétique de la Terre dans certains minéraux ayant des propriétés magnétiques spécifiques. L’intensité du champ magnétique terrestre a toujours varié, avec des inversions occasionnelles des pôles magnétiques nord et sud. La couche fossilifère a été observée en lien avec la transition Matuyama-Brunhes, la dernière inversion polaire majeure connue.

EXPLORER LE PASSÉ GRÂCE AUX FOSSILES

L’équipe de recherche, en plus des fossiles, a mis au jour divers outils en pierre et un os de patte, ce qui indique que les hyènes auraient pu se nourrir d’hominidés. Ces découvertes fossiles sont cruciales pour combler une lacune significative dans les archives fossiles des hominidés africains, datant entre 600 000 et 1 million d’années. Des analyses génétiques ont révélé que, durant cette époque, le dernier ancêtre commun (LCA) des Dénisoviens, des Néandertaliens et des Homo sapiens résidait en Afrique.

Jean-Jacques Hublin et son équipe considèrent que les fossiles découverts dans la carrière Thomas offrent actuellement les meilleures hypothèses concernant les origines de l’arbre phylogénétique représentant l’évolution de l’espèce humaine et de nos ancêtres.

soirée astrologie et médiumnité

RECONNAITRE LEUR HISTOIRE POUR CONSTRUIRE L’AVENIR

Les fossiles trouvés au Maroc, contemporains d’Homo antecessor, présentent des traits distinctifs. Jean-Jacques Hublin a commenté que cela pourrait indiquer des contacts sporadiques de part et d’autre du détroit de Gibraltar, des interactions qui méritent d’être explorées plus en profondeur. Les fossiles de la carrière Thomas se différencient à la fois d’Homo antecessor et d’Homo erectus.

Le chercheur Français a souligné que ces découvertes renforcent l’idée d’une origine profondément africaine pour Homo sapiens, contredisant les théories suggérant une origine eurasienne. Bien que l’équipe n’ait pas encore arrêté de nom pour la collection, Jean-Jacques Hublin a exprimé sa réticence à associer les fossiles à une espèce ou une population spécifique, en raison du nombre très restreint des fragments trouvés. Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux grandes découvertes archéologiques, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

Valentin Rican (rédaction btlv source Nature – photo home page @btlv via adobe stock)

Accédez à des émissions exclusives avec nos offres sans engagement
Découvrez nos offres

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch
La connaissance ne s'arrête pas... J'explore tout l'univers de BTLV !
Je rejoins BTLV

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch

Actus susceptibles de vous intéresser

Aller en haut