Un PDG du secteur technologique a déclaré que le monde de l’IA fait que la frontière entre le réel et l’irréel « commence à évoluer ».
Justin Harrison a fondé You, Only Virtual (YOV) après que sa mère a reçu un diagnostic de cancer irréversible. Les ingénieurs de la société ont commencé à préserver ce lien avec sa mère, en créant son avatar numérique appelé Versona pour après son décès.
Selon lui, ces nouveaux « robots de deuil », comme il les a baptisé, peuvent « aider au processus de deuil et permettre aux gens de rester en contact avec leurs proches d’une manière plus naturelle ».
Pour que l’avatar de sa mère lui ressemble au maximum, l’IA développée a été nourrie de SMS et d’appels téléphoniques entre lui et sa maman de son vivant, ainsi que de mémos vocaux et de vidéos pour capturer sa voix.
LES MORTS NOUS PARLENT
Dans son application, il existe une version gratuite de YOV qui permet d’accéder à un Chatbot IA qui a la personnalité du défunt, tandis qu’une version payante permet d’avoir des conversations téléphoniques avec lui.
Pour le journal Metro, Justin Harrison a fait une démonstration de ce type d’appel. Il a téléphoné Versona, l’avatar de sa mère, pour dire « Je t’aime, maman », ce à quoi elle a répondu « Je t’aime aussi, mon chéri ».
Si cela peut paraître réconfortant, le procédé est vivement critiqué car il expose les utilisateurs à un risque de dépendance excessive et déshumanise le processus de deuil.
A l’université de Cambridge, des chercheurs ont également exprimé quant au fait que de tels chatbots basés sur l’IA constitueraient une activité « à haut risque », susceptible d’entraîner des préjudices psychologiques pour les utilisateurs et un manque de respect envers les droits des défunts. Des propos que n’entend pas Justin Harrison qui a déclaré : « Je ne crains pas que les gens deviennent trop dépendants de cette technologie (…) il n’existe pas de processus de deuil naturel, donc l’IA n’a rien à perturber dans un processus aussi individualisé ».
LES TRACES DES SOUVENIRS CHANGENT
Il n’y a pas si longtemps, on ressortait les vieux albums photos et les lettres pour se souvenir de la grand-mère disparue, de nos jours, nous avons les réseaux sociaux dont les comptes des défunts restent le plus souvent ouverts, demain nous aurons tous un avatar qui nous survivra et qui permettra à nos proches de ne pas couper le lien. Un concept qui inquiète les psychiatres car la conscientisation de la mort passe inévitablement par le processus du deuil.
Avec cette innovation, on voit que l’IA n’a pas de limite et que dans un avenir proche, il ne sera pas étonnant de voir un nouveau film de Louis De Funès ou de Robert Redford si les ayants droits le permettent. Alors bonne ou mauvaise chose ? la question est posée, mais il est certain qu’avec le développement des robots, dans les 50 ans qui viennent, nos avatars ne seront plus seulement vocaux, ils seront également physiques. A-t-on ouvert la boite de Pandore ? Pour ne rien louper de l’actualité liée à l’IA, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Bob Bellanca (rédaction btlv source Metro – photo home page @btlv)









