La découverte de la vie extraterrestre n’est qu’une question de temps selon les astrophysiciens et astronomes. Reste à savoir comment elle sera : à l’état moléculaire, bactérienne ou développée et intelligente ?
Si nous rencontrions une civilisation extraterrestres intelligentes, l’un des obstacles les plus importants et qui chagrine les scientifiques mais aussi les chefs de gouvernements est celui de la communication. Comme on a pu le voir dans le film « Premier contact » de Denis Villeneuve sorti en 2016, il va falloir trouver un moyen de se comprendre car on n’a peu de chance que les E.T parlent une langue parlée sur la Terre.
Voilà pourquoi, des scientifiques australiens ont imaginé une approche novatrice pour communiquer avec une vie extraterrestre : un « langage universel » fondé sur des principes mathématiques fondamentaux.

Dans le film « Premier contact », la question de la communication est centrale
LES ABEILLES ET LES MATHÉMATIQUES À LA RESCOUSE DES TERRIENS
L’inspiration inattendue de cette idée leur est venue de l’abeille domestique, une espèce qui a développé indépendamment sa propre forme de communication, unique et complexe. Selon les chercheurs, si l’humanité parvenait à trouver un « langage » permettant de communiquer avec les abeilles, un tel système pourrait également nous offrir un moyen de communiquer avec des extraterrestres comme l’ a expliqué le Dr Adrian Dyer, co-auteur de l’étude publiée dans MIT Press Direct.
« Étant donné que les abeilles et les humains sont séparés par environ 600 millions d’années d’évolution, nous avons développé des physiologies, des tailles de cerveau et des cultures très différentes »
Pour combler ce fossé, les chercheurs ont décidé d’utiliser les mathématiques, sans doute ce qui se rapproche le plus d’un véritable « langage universel », puisqu’il fonctionne de la même manière partout dans l’univers. Au cours d’une série d’expériences, l’équipe a démontré que les abeilles peuvent apprendre à résoudre des additions et des soustractions simples en échange d’eau sucrée et même associer des symboles abstraits à des nombres, apprenant ainsi une forme primitive de numération.
« Lorsque nous avons testé les abeilles sur des problèmes de type mathématique et qu’elles ont réussi à comprendre comment résoudre les questions que nous leur posions, cela s’est révélé très intéressant et convaincant quant à la possibilité qu’une espèce extraterrestre possède des capacités similaires », a écrit le Dr Dyer. « Maintenant que nous savons que les abeilles peuvent résoudre des problèmes mathématiques, nous disposons d’une base solide pour réfléchir à la manière de communiquer avec une intelligence extraterrestre. »
POURQUOI LES MATHEMATIQUES ?
Si une civilisation extraterrestre existe et possède une technologie avancée, alors elle a forcément dû comprendre et utiliser certaines lois fondamentales de l’univers. Ces lois gravitation, électromagnétisme, structure de la matière sont toutes décrites par les mathématiques. Contrairement aux langues humaines, les mathématiques ne reposent pas sur des conventions culturelles. Un nombre premier, une symétrie ou un cercle n’appartiennent à aucune civilisation en particulier. Ils semblent exister indépendamment de nous, comme des éléments intrinsèques de l’univers.
C’est pour cette raison que de nombreux chercheurs considèrent les mathématiques comme le langage le plus universel possible. Ils imaginent une communication très progressive, fondée sur des signaux impossibles à confondre avec des phénomènes naturels : des suites de nombres premiers, des motifs mathématiques simples, des figures géométriques, puis des références à des constantes physiques universelles, comme la vitesse de la lumière ou la structure de l’atome d’hydrogène.
C’est exactement cette logique qui a guidé des projets célèbres comme le message d’Arecibo ou les plaques envoyées avec les sondes Pioneer, destinées à d’éventuels découvreurs non humains. Toutefois, les mathématiques ont des limites. Il y a ce que les mathématiques permettent… et ce qu’elles ne permettent pas. Grâce aux mathématiques, nous pourrions transmettre un message clair : Nous existons. Nous sommes intelligents. Nous comprenons l’univers.

La plaque Pioneer adressée aux extraterrestres en 1972 et 1973
Mais cette forme de communication a des limites évidentes. Les mathématiques ne disent rien de nos émotions, de notre morale, de notre culture, de notre manière subjective de vivre le monde. Elles établissent un contact mais pas une relation. Elles prouvent l’intelligence, sans révéler l’identité.
ET SI LES MATHEMATIQUES N’ETAIENT PAS UNIVERSELLES ?
Une question plus troublante se pose alors : et si une intelligence extraterrestre ne structurait pas sa pensée comme la nôtre ? Peut-être que : le concept de nombre n’est pas central pour elle, sa perception de l’espace ou du temps est radicalement différente, son intelligence est fondée sur d’autres formes de logique. Dans ce cas, même les mathématiques pourraient devenir un langage ambigu, voire incompréhensible. L’universalité que nous leur prêtons serait alors surtout… humaine. C’est une option à envisager sérieusement.
Certes, les mathématiques sont sans doute la meilleure clé dont nous disposons pour tenter une communication interstellaire. Elles constituent un point de départ solide, rationnel, presque évident. Mais elles ne suffiraient probablement pas à établir un véritable dialogue. Si un jour nous recevions une réponse venue d’ailleurs, elle marquerait surtout le début d’une longue et vertigineuse tentative de compréhension mutuelle. Au fond, chercher à parler aux extraterrestres par les mathématiques revient peut-être à poser une question encore plus essentielle : Sommes-nous seuls à reconnaître l’ordre caché de l’univers ? Pour ne rien manquer de l’actualité sur la recherche de la vie extraterrestre dans l’univers, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Bob Bellanca (rédaction btlv source MIT Press Direct – illustration home page @btlv via adobe stock)








