Vendredi prochain nous mettrons en ligne un entretien de Luc Mary. Historien des sciences, il vient d’écrire « Astéroïde YR4 2032 et onze fins du monde possibles » dans la collection BTLV, mystère et inexpliqué aux éditions Max Milo. Dans son ouvrage il est évoqué la possibilité de détourner un astre devant s’écraser sur la terre. Mais est-ce véritablement réalisable ?
Pour apporter une réponse concrète, des scientifiques viennent de procéder à une nouvelle simulation informatique. Son but étant de déterminer si le bombardement nucléaire d’un astéroïde pourrait réellement nous sauver d’une catastrophe voir d’une extinction de l’humanité. On se souvient que la Terre a connu 5 extinctions de masse dont la plus célèbre reste celle des dinosaures qui a décimé 75% des espèces vivantes à cette période-là, il y a 65 millions d’années.
LE NUCLÉAIRE : LE SAUVEUR DE L’HUMANITÉ
Si elles semblent, pour le moment, nous préserver d’un conflit mondial, depuis Hiroshima et Nagasaki, on sait que les armes nucléaires peuvent potentiellement anéantir la civilisation humaine. Les physiciens savent aussi que leur puissance phénoménale pourraient potentiellement nous sauver d’une apocalypse.
L’idée n’est pas nouvelle et fut même la solution envisagée dans le film Armageddon avec Bruce Willis. Dans ce blockbuster, le héros emporte avec lui une équipe dans l’espace et une bombe nucléaire afin de réduire un astéroïde en deux et l’éloigner de la Terre.
Selon les spécialistes, bien que cette méthode précise soit improbable dans la réalité, l’idée d’utiliser du nucléaire pour dévier un astéroïde et l’éloigner complètement de notre planète semble prometteuse.
DÉVIER L’ASTÉROÏDE MAIS PAS L’EXPLOSER
Grâce à une nouvelle étude, des chercheurs de l’Université d’Oxford ont pu démontrer, grâce à leur simulation, que la matière des astéroïdes est bien plus résistante aux forces extrêmes qu’on ne le pensait. Voilà pourquoi nous aurions plus de chance de modifier la trajectoire de l’objet plutôt que de le pulvériser avec une explosion nucléaire.
Pour simuler une explosion nucléaire, l’équipe a utilisé le Super Synchrotron à Protons du CERN afin de bombarder un fragment de la météorite Campo Del Cielo, riche en fer et en nickel, avec des protons de haute énergie. « La matière est devenue plus résistante, sa limite d’élasticité a augmenté et elle a présenté un comportement d’amortissement autostabilisant », explique Mélanie Bochmann, co-auteure de l’étude.
Heureusement, pour le moment aucun astéroïde géant n’a prévu de s’écraser sur la Terre. YR4 2032 a plus de chance de percuter la lune que notre planète. Avec une taille de 60 mètres de diamètre les dégâts seraient importants mais ne feraient pas disparaître la vie. En comparaison, celui qui est responsable de la disparition des dinosaure faisait 10 km de diamètre. Si par malheur, un tel objet se dirigeait vers la Terre, nous n’aurions aucun chance de nous en sortie même avec des bombes nucléaires. Pour ne rien manquer de l’actualité liée à l’espace, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Bob Bellanca (rédaction btlv source Cerncourier – photo home page @btlv via adobe stock)







