IA : Résurrection grâce à l’intelligence artificielle, éthique ou non ?

13 août 2025

Des entreprises proposent de créer des doubles numériques de personnes décédées. Malgré les progrès technologiques, utiliser la mort au profit de l’intelligence artificielle pose problème.

Bientôt, il ne sera peut-être plus nécessaire d’être médium pour communiquer avec les défunts. Des services comme d’HereAfter AI ou celui d’Eternos, une startup américaine, proposent d’enregistrer à l’avance la voix, les souvenirs et même des éléments de personnalité d’une personne encore en vie. Ainsi, après sa mort, l’IA recrée un avatar capable d’interagir avec les vivants.

Ces clones aussi appelés jumeau numérique, s’appuient aussi sur des données personnelles comme le contenu digital : vidéos, photos, messages, journaux, témoignages. Ils sont censés aider à traverser le deuil et selon les termes « enrichir » cette période. Certains pourraient se sentir rassurés d’avoir encore une forme de lien avec le défunt. D’autres pourraient ressentir une gêne persistante face à un double qui répond, interagit, et donne l’illusion d’une présence.

2025 abo antenne

EXTRAIRE LES SOUVENIRS D’UN CERVEAU MORT

Au-delà du clone numérique basé sur des archives, certains chercheurs explorent la piste de pouvoir : extraire les souvenirs directement du cerveau d’une personne décédée. Les souvenirs seraient en fait stockés dans ce que l’on appelle des engrammes : des réseaux de neurones activés lorsqu’on se remémore une information. Chaque souvenir activerait un schéma bien précis.

Une fois la mort survenue, ces connexions s’éteignent rapidement. Selon l’Institut du cerveau, les souvenirs ne sont pas stockés dans une zone unique, mais répartis dans différentes régions du cerveau. Les extraire nécessiteraient de réactiver ces fonctions, ce qui est loin d’être encore réalisable.

VISUEL MEDIUM DAY 21 SEPTEMBRE 2025

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, UNE “PRÉSENCE” QUI INTERROGE

Dans un article du New York Times, des personnes expliquent se tourner vers l’IA pour demander conseil à leurs proches décédés ou créer des doubles numériques pour préserver l’héritage et le bien être des générations futures. Cette « commercialisation du deuil » est crainte par certains chercheurs car ces pratiques exploiteraient la vulnérabilité des endeuillés. Selon eux, les avatars interactifs risquent de piéger les proches dans un deuil inachevé et donner l’illusion que la personne existe encore, brouille les repères émotionnels.

En France c’est la loi n°2016-1321 pour une République numérique du 7 octobre 2016 qui évoque la possibilité de « mort numérique » au décès d’une personne. En ce qui concerne l’IA, la législation est encore floue ce qui s’explique aussi par l’essor de celle-ci. Le lien entre mémoire, identité et intelligence artificielle ne fait que commencer à être exploré. Mais au fur et à mesure que la technologie progresse, les questions éthiques deviennent de plus en plus pressantes.
Une chose est sûre : donner une voix aux morts change pourrait bel et bien changer notre rapport à la vie mais soulève des risques. Pour ne rien manquer sur les questions de la vie après la mort, abonnez-vous à la newsletter de BTLV.

Emma Lorsery (rédaction btlv source btlv – photo home page @BTLV)

Accédez à des émissions exclusives avec nos offres sans engagement
Découvrez nos offres

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch
La connaissance ne s'arrête pas... J'explore tout l'univers de BTLV !
Je rejoins BTLV

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch

Actus susceptibles de vous intéresser

Aller en haut