Une découverte majeure a été faite avec la mise au jour d’un fossile de pied ancien de l’espèce Australopithecus. Cette trouvaille a confirmé que plusieurs espèces d’hominidés cohabitaient dans le même environnement.
Le fossile de Lucy, l’un des ancêtres humains les plus complets, a été essentiel pour la compréhension des hominidés. Il y a environ 15 ans, des anthropologues ont mis au jour des os de pied fossilisés en Éthiopie, vieux de 3,4 millions d’années. Ces os étaient supposés appartenir à un hominidé coexistant avec l’espèce de Lucy. Contrairement à Lucy, qui se déplaçait sur des pieds courbés, le pied fossilisé en question avait un orteil préhensile, suggérant une adaptation à la vie arboricole.
Dans un article publié dans la revue scientifique Nature, il a été révélé que ce pied, surnommé le pied de Burtele, appartenait à l’Australopithecus deyiremeda, un hominidé vivant à la même époque que Lucy. Cette découverte a confirmé que Lucy n’était pas la seule espèce de son genre dans la région et que plusieurs espèces d’hominidés coexistaient en Afrique de l’Est.
LA DÉCOUVERTE DE FOSSILES D’AUSTRALOPITHECUS
Carol Ward, anthropologue à l’Université du Missouri, a exprimé son enthousiasme pour cette découverte, soulignant qu’elle répondait à de nombreuses questions sur le pied de Burtele. Elle a noté que cette découverte montre que plusieurs espèces d’hominidés vivaient à des époques et dans des lieux similaires, mais avaient des modes de vie très différents. Ces informations ont été rapportées par Scientific American.
Les scientifiques avaient longtemps soupçonné que le pied de Burtele appartenait à l’Australopithecus deyiremeda. En 2015, l’équipe de recherche avait trouvé des fossiles de mâchoires de cette espèce, datées entre 3,5 et 3,3 millions d’années. Cependant, pour confirmer l’identité du fossile, des fouilles supplémentaires ont été nécessaires sur le site de la découverte initiale.
Ces fossiles fournissent des informations cruciales sur les premières étapes de la vie de l’Australopithecus deyiremeda. Selon Knewz.com, le pied avait été découvert en 2009 dans la vallée de l’Afar en Éthiopie, lors de fouilles qui avaient également mis au jour huit petits os. Plus récemment, des fouilles sur ce même site ont permis de découvrir des fragments d’os pelviens, un crâne et une mâchoire avec douze dents.
L’espèce « A. deyiremeda » a été identifiée grâce à l’examen de ses dents, en particulier la forme de ses molaires et de ses canines, ainsi que de sa mâchoire, qui affichait des traits plus anciens. L’étude des dents a montré que cette espèce avait un mode de vie alimentaire distinct de celui de l’espèce de Lucy. « A. deyiremeda » se nourrissait de feuilles, de fruits, d’arbustes et d’arbres, semblable aux hominidés anciens. En revanche, l’espèce de Lucy préférait la végétation des prairies et des zones boisées mixtes.
ANALYSE COMPARATIVE DES FOSSILES RECENTS ET ANCIENS
Des chercheurs ont réalisé des études géologiques approfondies afin de confirmer le lien entre les fossiles récemment découverts et ceux trouvés précédemment sur le même site. Ces études ont démontré que les nouveaux fossiles provenaient de strates sédimentaires contemporaines et situées au même endroit que le pied de Burtele. Selon le site Archaeology News, la comparaison de ces pieds avec ceux de Lucy révèle une plus grande diversité de la bipédie primitive. Les pieds présentaient différentes formes expérimentales, toutes évoluant de manière parallèle. L’analyse chimique de l’émail dentaire a montré qu’A. afarensis préférait les habitats ouverts, tandis qu’A. deyiremeda s’installait près des ressources des forêts.
DES SIMILITUDES MALGRÉ DE NOMBREUSES DIFFÉRENCES
Ces différences dans les régimes alimentaires et les modes de locomotion ont probablement réduit la concurrence entre les deux espèces, facilitant leur coexistence dans le même habitat. Les chercheurs ont également mis au jour les fossiles d’un jeune individu, avec ses dents de lait et ses dents permanentes en cours de formation. Les études ont montré que, malgré leurs différences anatomiques, les deux espèces avaient des rythmes de développement et un modèle de croissance similaires.
Les scientifiques ont noté que la présence de deux espèces étroitement liées dans le même habitat complique la compréhension de l’évolution de l’espèce humaine. Cela indique que nos ancêtres n’ont pas suivi un chemin unique vers la modernité, mais ont plutôt adopté diverses stratégies pour s’adapter à un environnement en constante évolution. Pour ne rien manquer de l’actualité liée à la paléontologie, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source Nature – photo home page @btlv)










