Égypte : des preuves d’une médecine avancée 1000 ans plus tôt qu’on ne le pensait

25 mars 2026

Nous plongeons dans l’année 1862, où l’éminent égyptologue américain Edwin Smith réalise une découverte captivante à Louxor, en Égypte, sur le site de l’antique Thèbes.

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Contrairement à une trouvaille archéologique sortie des sables du temps, Smith avait acquis ce papyrus d’un marchand égyptien du nom de Mustafa Agha. Ce dernier lui avait vendu un artefact singulier, un document décrivant des pratiques médicales datant de la Seconde Période Intermédiaire de l’Égypte ancienne.

L’égyptologue garda ce papyrus jusqu’à son décès en 1906. Malgré ses connaissances limitées de l’écriture hiératique, il a pu traduire le texte. À sa mort, sa fille fit don de plusieurs pièces de sa collection, y compris le papyrus énigmatique, à la Société historique de New York. Ces objets restèrent dans l’ombre pendant de nombreuses années.

Ce n’est qu’en 1920 que le papyrus attira l’intérêt de Caroline Ransom Williams, une égyptologue classique. Elle en parla à James Henry Breasted, un archéologue renommé. Elle lui écrivit que ce papyrus était sans doute le plus important que possédait la Société historique de New York. Elle ajouta qu’elle était prête à abandonner ses droits sur ce papyrus afin qu’il puisse être publié dans de meilleures conditions que ce qu’elle pouvait réaliser. James Henry Breasted, qui était le premier titulaire de la chaire d’égyptologie et d’histoire orientale aux États-Unis à l’Université de Chicago, s’intéressa immédiatement à ce texte ancien et commença à travailler sur sa traduction.

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Après dix ans de travail, l’archéologue termina l’interprétation complète de ce texte ancien. Elle fut publiée en 1930 et changea radicalement la compréhension de l’histoire ancienne des sciences médicales et de leurs origines. Elle révéla que l’Égypte antique possédait des connaissances médicales avancées bien plus tôt que ce que les chercheurs pensaient à l’époque, jusqu’à mille ans avant.

LE PAPYRUS D’UN TEXTE PLUS ANCIEN

Le papyrus, désormais connu sous le nom de papyrus Edwin Smith, a été découpé en pages à une colonne unique au cours du siècle dernier. Il contient un texte hiératique égyptien, écrit avec deux couleurs d’encre. Si on ne connaît pas grand-chose sur l’auteur du papyrus, les spécialistes s’accordent à penser que la version actuelle de ce document est vraisemblablement l’œuvre d’un unique érudit et qu’elle constitue une reproduction d’un manuscrit plus ancien, datant de l’Ancien Empire égyptien.

Cette théorie est soutenue par plusieurs éléments. Bien que le papyrus soit ancien, il contient des formes archaïques de mots et de grammaire égyptiens, ce qui indique qu’il s’agit d’une copie d’un texte plus vieux encore. De plus, le document s’arrête en plein milieu d’une phrase, ce qui suggère qu’il est non seulement une copie, mais aussi un travail inachevé.

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DE L’ANTIQUITE ÉGYPTIENNE A LA MEDECINE MODERNE

Le papyrus Edwin Smith est un document fascinant qui offre une perspective unique sur la médecine de l’Égypte antique. Il se présente sous la forme d’une étude illustrée de 48 cas cliniques, fournissant des informations détaillées sur la manière dont les médecins de l’époque comprenaient et traitaient les blessures et maladies. Chaque cas clinique se concentre sur une partie spécifique du corps ou un organe, et le texte analyse les blessures de manière méthodique. Il fait également référence aux notes du médecin original, qui semblent indiquer que ce dernier tenait un registre des diagnostics qu’il avait établis pour ses patients.

Le papyrus contient des descriptions détaillées de l’anatomie humaine ainsi que des traitements pour diverses affections, y compris les saignements, les infections et les blessures. Les connaissances médicales révélées dans ce texte sont d’une avancée surprenante pour l’époque. En outre, les discussions sur les médicaments et les traitements dans le papyrus dépassent de loin la compréhension médicale de l’époque, et même celle des travaux d’Hippocrate, le célèbre médecin grec, qui a vécu près d’un millénaire plus tard.

L’un des aspects les plus importants du papyrus Edwin Smith est son approche novatrice de la médecine. Contrairement aux pratiques médicales de l’époque, qui s’appuyaient largement sur des incantations et des formules magiques, le papyrus propose une analyse plus rationnelle et scientifique des maladies et de leur traitement.

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Contrairement à ce que l’on pensait, la magie, était utilisée uniquement lorsque toutes les autres options avaient échoué. Le papyrus Edwin Smith symbolise beaucoup plus qu’une simple illustration de la médecine égyptienne ancienne. Il représente une évolution majeure, passant des croyances magiques aux méthodes pratiques de diagnostic et de traitement. Ainsi, il constitue une preuve tangible des avancées significatives de la médecine dans l’Égypte ancienne.

UN MANUEL EDUCATIF REDIGE PAR LE MEDECIN EN CHEF ?

En raison des connaissances approfondies exposées dans le papyrus, il est largement admis que ce dernier avait une fonction éducative, servant probablement de texte d’enseignement initial, lié à l’étude des blessures sur le terrain. James Henry Breasted, a même suggéré que le papyrus aurait pu être rédigé par Imhotep, un médecin et architecte égyptien de la période pré-dynastique, connu pour avoir conçu la première pyramide à degrés de Saqqara pour le pharaon Djéser de la IIIe dynastie.

En tant que médecin et grand prêtre influent de l’Ancien Empire, Imhotep est souvent reconnu comme l’un des premiers praticiens de la médecine. Cependant, il n’existe aucune connexion directe entre Imhotep et le papyrus ou son contenu. Malgré le mystère qui entoure une grande partie du document, la traduction de la version actuelle offre une perspective unique sur les connaissances médicales remarquablement avancées de l’Égypte antique.

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Ce papyrus est un exemple parmi d’autres de l’expertise médicale de l’Ancien Empire égyptien, qui a, au fil des siècles, enrichi notre compréhension de l’histoire antique. Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux grandes découvertes archéologiques, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

Valentin Rican (rédaction btlv source The debrief – photo home page @btlv via adobe stock)

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