17 mars 2021 — Les archéologues israéliens ont annoncé mardi la découverte de dizaines de nouveaux fragments d’un parchemin de la mer Morte portant sur un texte biblique. Retrouvés dans une grotte du désert, les chercheurs pensent qu’ils furent cachés lors d’une révolte juive contre Rome il y a près de 1900 ans. Les fragments de parchemin portent des lignes de texte grec des livres de Zacharie et Nahum et ont été datés autour du 1er siècle après JC sur la base du style d’écriture, selon l’Autorité des antiquités d’Israël.
Heureux, les chercheurs le sont car ce sont les premiers nouveaux rouleaux découverts lors de fouilles archéologiques dans le désert au sud de Jérusalem en 60 ans. Les rouleaux de la mer Morte qui rassemblent une collection de textes juifs trouvés dans des grottes du désert en Cisjordanie près de Qumrân dans les années 1940 et 1950, datent du 3ème siècle avant JC au 1er siècle après JC. On peut y décrypter les premières copies connues de textes bibliques et de documents décrivant les croyances d’une secte juive mal comprise.

©Autorité israélienne des antiquités
LA GROTTE DE L’HORREUR
Les archéologues pensent que les quelques 80 nouvelles pièces appartiennent à un ensemble de fragments de parchemin trouvé dans un site du sud d’Israël connu sous le nom de « Grotte de l’horreur” ». Appelée ainsi en raison des 40 squelettes humains retrouvés lors de fouilles dans les années 1960, elle est située dans un canyon isolé à environ 40 kilomètres au sud de Jérusalem. Les artefacts ont été découverts lors d’une opération en Israël et en Cisjordanie occupée menée par l’Autorité des antiquités israéliennes pour trouver des parchemins et d’autres artefacts afin d’empêcher un possible pillage.
CONFÉRENCE DE PRESSE
L’autorité des antiquités israéliennes a tenu une conférence de presse mardi pour dévoiler la découverte. Les chercheurs pensent que les fragments faisaient partie d’un rouleau caché dans la grotte pendant la révolte de Bar Kochba, un soulèvement juif armé contre Rome sous le règne de l’empereur Hadrien, entre 132 et 136 après JC. Les pièces de monnaie frappées par les rebelles et les pointes de flèches trouvées dans d’autres grottes de la région proviennent également de cette période. Pour Oren Ableman, dont les recherches se concentrent sur les rouleaux de la mer Morte pour l’Autorité des antiquités d’Israël
« Nous avons trouvé une différence textuelle qui n’a de parallèle avec aucun autre manuscrit, que ce soit en hébreu ou en grec ». Le chercheur s’en réfère à de légères variations dans la traduction grecque de la Bible hébraïque faite en Égypte aux 3e et 2e siècles avant JC.
« Quand nous pensons au texte biblique, nous pensons à quelque chose de très figé, ce qui n’est pas le cas ici. Il y a de légères différences et certaines de ces différences sont importantes », c’est ce qu’a déclaré Joe Uziel, chef de l’unité des rouleaux de la mer Morte de l’autorité des antiquités……« Chaque petite information que nous pouvons ajouter, nous permet de comprendre un peu mieux comment le texte biblique était dans sa forme hébraïque originelle ».
LES PILLARDS
Outre les artefacts de l’époque romaine, la découverte comprend des choses plus anciennes, tout aussi importantes. Retrouvées lors du balayage de la zone désertique qui compte plus de 500 grottes, les scientifiques rapportent la découverte d’un squelette d’enfant momifié vieux de 6000 ans, mais aussi celle d’un immense panier tressé intact de la période néolithique, estimé à 10 500 ans, et des dizaines d’autres matières organiques fragiles mais préservées dans le climat aride des grottes. Si ces dernières découvertes fascinent le monde archéologique et historique, tout commença en 1961. A l’époque, l’équipe de l’archéologues israélien Yohanan Aharoni fut la première à fouiller la « Grotte de l’Horreur » et à y trouver neuf fragments de parchemin appartenant à un rouleau contenant des textes grecs des douze petits prophètes et un morceau de papyrus lui aussi rédigé en grec. Depuis, aucun nouveau texte n’avait été retrouvé lors de fouilles archéologiques officielles. En revanche, beaucoup de ces artefacts se sont retrouvés sur le marché noir en raison des multiples pillages.
Au cours des quatre dernières années, les archéologues israéliens ont lancé une grande campagne pour découvrir les grottes nichées dans les canyons escarpés du désert de Judée à la recherche de parchemins et d’autres artefacts rares. Le but est de les trouver avant que les pillards ne souillent les sites, détruisant les strates et données archéologiques. Un travail qui porte petit à petit ses fruits comme le souligne Amir Ganor, chef de l’unité de prévention du vol d’antiquités, « Depuis le début de l’opération en 2017, il n’y a pratiquement pas eu de pillage d’antiquités dans le désert de Judée » avant de rajouter « pour la première fois en 70 ans, nous avons pu devancer les pillards ».
Bob Bellanca (rédaction btlv.fr)





