L’ÉLEVAGE INTENSIF : responsable d’une immense pollution à l’ammoniac ?

10 décembre 2018

10 décembre 2018 —Des émissions d’ammoniac, trop souvent sous-estimées, sont à l’origine d’une très importante pollution dans le monde. L’ammoniac (NH3) est un gaz résiduaire incolore qui se forme en combinant de l’azote et de l’hydrogène.

S’il est vrai que ce gaz peut se former naturellement dans la nature et en petites quantités, il est le plus souvent formé et libéré par les déjections animales. Mais une libération excessive d’ammoniac peut alors entraîner une pollution de l’air, des eaux et des sols. C’est ce qui est observé près des élevages industriels. Alors, pour mieux se rendre compte de la situation, des chercheurs ont partagé une carte de la libération d’ammoniac, en s’appuyant sur des données récoltées au cours de ces neuf dernières années.

Cette carte de l’ammoniac libéré – publiée dans la revue Nature – révèle ici plus de 200 points chauds d’émissions dans le monde, dont les deux tiers n’auraient jamais été identifiés auparavant. « Nos résultats suggèrent qu’il est nécessaire de revoir complètement les inventaires d’émissions de sources d’ammoniac anthropiques. Il est également nécessaire de prendre en compte l’évolution rapide de ces sources au fil du temps », écrivent chercheurs.

Les chercheurs ont analysé neuf années de données atmosphériques recueillies entre 2007 et 2016. Le but était ici de répertorier les divers composants de l’atmosphère de notre planète, notamment l’ammoniac. Ces données ont alors révélé 248 “points chauds” d’ammoniac (zones inférieures à 50 km de diamètre), ainsi que 178 zones d’émission plus larges.

Première conclusion : aujourd’hui 241 de ces points chauds recensés sont liés aux activités humaines. Plus de 80 sont en effet liés à l’élevage intensif et 158 ​​à des usines produisant des engrais à base d’ammoniac. Un lac de Tanzanie est à ce jour le seul point chaud en ammoniac naturel répertorié (à cause de la prolifération d’algues).

Deuxième conclusion : on voit que, de manière plus dangereuse, les deux tiers de ces points chauds n’ont jamais été signalés auparavant. Ces nouvelles données vont ainsi devoir être prises en compte, et les responsables devront agir en conséquence pour atténuer leur empreinte ammoniacale.

Henri Coron (btlv.fr/livescience.com)

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