2 juillet 2018 : Sur les pentes du Markstein, col culminant à 1.183 m dans le parc naturel régional des Ballons des Vosges, l’arnica, fleur jaune prisée des laboratoires pharmaceutiques pour ses propriétés anti-inflammatoires, se récolte à l’état sauvage et sa cueillette est très réglementée.
La cueillette de cette marguerite aux pétales jaunes, lancée habituellement en juillet, a été avancée à fin juin en raison de l’hiver neigeux et du printemps pluvieux. “Le temps est idéal pour la récolte!”, se réjouit Jean-François Messey, responsable d’une équipe de huit cueilleurs. Le laboratoire Boiron lui a commandé cette année 2,5 tonnes, et il espère ramasser entre 5 à 6 tonnes de fleurs avec deux autres groupes. Chapeau de paille sur la tête, bottes en caoutchouc aux pieds, le dos courbé, il attrape avec une main gantée la tige, la tourne délicatement et l’arrache du sol d’un coup sec. La cueillette ne dure que quelques jours. Les fleurs sont posées délicatement en étages sur une bâche en plastique puis insérées dans un filet tissé. Pour préserver la qualité des fleurs, les sacs sont transportés en camion frigorifique jusqu’au laboratoire pharmaceutique, dans le Rhône. L’arnica y sera contrôlée, puis transformée en gélules, gel ou crème. Les ramasseurs doivent se prémunir du soleil, des tiques, mais aussi des réactions chimiques de la fleur. L’arnica montana – seule espèce inscrite à la pharmacopée européenne – s’épanouit sur les chaumes des Hautes-Vosges, peu concurrencée par les rares autres végétaux.
DES SURFACES QUI DIMINUENT
La fleur jaune, fragile, a pâti des méthodes culturales visant à l’augmentation de la production pour alimenter les nombreuses fermes-auberges vosgiennes. L’apport de chaux dans les sols pour favoriser les plantes fourragères pour le bétail a détruit par endroits de façon irréversible le système racinaire souterrain. L’arnica est présente grâce au pâturage. Sans les troupeaux on n’aurait que de la forêt. Une convention a été signée par le parc naturel régional des Ballons des Vosges et le conseil départemental des Vosges avec, entre autres, les six communes propriétaires des surfaces, des laboratoires et des cueilleurs, règlemente les pratiques agricoles et secteurs de récolte. L’équipe du laboratoire Boiron a déjà rempli plusieurs sacs de la précieuse fleur jaune quand deux gardes champêtres à cheval approchent. Chaque cueilleur leur présente sa carte, délivrée par les six communes, contre une taxe fixée à 1,60 euro le kilo. Jusqu’à onze tonnes de la fleur aux propriétés anti-inflammatoires peuvent être collectées sur 120 hectares. Cette année, la récolte avoisine les neuf tonnes.
Rédaction btlv.fr (source AFP)






