Archéologie : 88 ans après, une nouvelle piste sur le meurtre de James Leslie Starkey

4 novembre 2026

Assassiné en 1938 alors qu’il quittait le site antique de Lachish, l’archéologue britannique aurait été visé à cause d’un conflit foncier avec des habitants du village voisin. Des archives et des témoignages palestiniens éclairent aujourd’hui cette hypothèse.

Le 10 janvier 1938, James Leslie Starkey prend la route de Jérusalem. L’archéologue britannique dirige alors les fouilles de Lachish, dans la Palestine sous mandat britannique. Il doit assister à l’inauguration du musée archéologique de la ville, mais n’y arrivera jamais. Près d’Hébron, des hommes armés arrêtent son véhicule, l’identifient et l’abattent. Pendant des décennies, ce meurtre est surtout interprété dans le contexte de la révolte arabe contre l’administration britannique. Source : Université hébraïque de Jérusalem, via Phys.org.

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UN CONFLIT AUTOUR DES TERRES DE LACHISH

En reprenant les archives de l’expédition, les historiens Yosef Garfinkel et Roy Marom mettent au jour une autre piste. Les fouilles occupaient des terres cultivées et revendiquées par des familles du village palestinien voisin d’al-Qubayba. Les tentatives d’achat ou de location avaient échoué, avant que les autorités britanniques n’exproprient les parcelles concernées.

Une pétition déposée par un agriculteur en mai 1937 témoigne des tensions provoquées par l’utilisation de ses terres et les compensations attendues. Selon les chercheurs, le règlement des indemnisations ne fut achevé qu’en 1943, cinq ans après la mort de Starkey. Ces documents établissent la réalité du conflit ; ils donnent aussi du poids à l’hypothèse d’un mobile lié aux fouilles. Source : présentation de l’étude par l’Université hébraïque de Jérusalem.

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DES TÉMOIGNAGES QUI CHANGENT LA LECTURE DU DOSSIER

La nouvelle étude croise des documents britanniques, des sources palestiniennes, des archives de renseignement et des témoignages oraux recueillis auprès d’anciens habitants d’al-Qubayba et de leurs descendants. Les auteurs avancent que l’attaque aurait été organisée dans le cadre de ce différend local. Ils désignent le commandant insurgé Issa al-Battat comme une figure centrale de l’opération. Source : étude publiée dans le Bulletin of the History of Archaeology.

Cette identification reste une reconstitution historique : elle ne repose ni sur les aveux d’un participant ni sur une conclusion judiciaire établissant qui a tiré. L’étude, publiée en septembre 2026 puis présentée au grand public le 3 novembre, montre surtout comment des sources longtemps négligées peuvent modifier la compréhension d’un événement ancien.

Le meurtre de Starkey apparaît ainsi au croisement de l’archéologie, de la propriété des terres et des tensions politiques des années 1930. D’autres enquêtes historiques suivies par BTLV, comme celle du possible squelette de d’Artagnan, rappellent combien l’interprétation d’un dossier peut évoluer. Retrouvez ces découvertes dans l’actualité BTLV et, pour ne manquer aucune de nos prochaines enquêtes, inscrivez-vous à la newsletter BTLV.

Valentin Rican (rédaction btlv source Phys – photo home page @btlv)

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