Elles sont presque invisibles, mais tombent sur Terre par milliers de tonnes chaque année. Recueillies dans les neiges de l’Antarctique, les micrométéorites offrent aux scientifiques de précieux indices sur la naissance du Système solaire et sur la chimie de notre planète primitive.
Et si une partie de notre histoire se trouvait dans une poignée de neige ? C’est la piste explorée par la chercheuse Cécile Engrand dans le résumé d’une conférence annoncée à l’IJCLab le 8 octobre 2026. Son sujet : les micrométéorites, de minuscules fragments issus notamment des comètes et des astéroïdes.
UNE PLUIE EXTRATERRESTRE PRESQUE INVISIBLE
Ces particules traversent l’atmosphère avant de se déposer au sol. Selon une étude présentée par le CNRS, environ 5 200 tonnes de micrométéorites atteignent chaque année la surface terrestre. Les grains collectés pour cette recherche mesurent entre 30 et 200 micromètres : impossible, ou presque, de les distinguer à l’œil nu.
Pour les retrouver, les scientifiques se rendent près de la station franco-italienne Concordia, au cœur de l’Antarctique. La faible accumulation de neige et la rareté des poussières terrestres y facilitent la collecte de ces visiteurs venus de l’espace. D’après les comparaisons entre mesures et modèles, la majeure partie des micrométéorites recueillies proviendrait de comètes.
DES ARCHIVES DE LA NAISSANCE DU SYSTÈME SOLAIRE
L’intérêt de ces poussières dépasse leur origine. Certaines renferment des minéraux hydratés et de la matière organique, susceptibles de renseigner les chercheurs sur les conditions qui régnaient aux débuts du Système solaire. Une étude publiée en 2024 dans Nature Astronomy, à laquelle Cécile Engrand a participé, a notamment analysé la composition de quatre micrométéorites antarctiques particulièrement riches en carbone.
Ces découvertes nourrissent une question majeure : des poussières extraterrestres ont-elles contribué à apporter de l’eau et des ingrédients chimiques sur la jeune Terre ? La présence de matière organique ne constitue pas une preuve de vie, et son rôle exact dans l’apparition du vivant reste à établir. Mais chaque grain préservé dans la neige antarctique ajoute une pièce à cette enquête sur nos origines. Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter.
Valentin Rican (rédaction btlv source Université Paris-Saclay – photo home page @btlv)






