Près de 220 ans après la bataille de Trafalgar, la seule voile survivante du HMS Victory est exceptionnellement exposée au public à Portsmouth. Criblée d’impacts de boulets et disparue pendant plus de vingt ans dans des circonstances troublantes, cette immense toile est au cœur des nombreuses légendes qui entourent le célèbre navire de Lord Nelson, considéré par certains comme l’un des bâtiments les plus hantés du Royaume-Uni.
Elle est parfois surnommée le « Suaire de Turin du patrimoine maritime ». Marquée par près de 90 impacts de projectiles, la célèbre voile de Trafalgar a traversé les siècles en conservant les stigmates de la bataille du 21 octobre 1805, au cours de laquelle l’amiral Horatio Nelson mena la flotte britannique à une victoire historique avant d’être mortellement touché par un tireur d’élite français.
Cette voile monumentale, seule survivante du HMS Victory ayant participé aux combats, est aujourd’hui de nouveau présentée au public au chantier naval historique de Portsmouth. Mais au-delà de sa valeur historique, son incroyable parcours alimente depuis longtemps les récits les plus mystérieux.
UNE DISPARITION INEXPLIQUÉE PENDANT PLUS DE VINGT ANS
Après avoir été exposée à plusieurs reprises au XIXe siècle, la voile semble tout simplement s’évaporer en 1939 lorsque le HMS Victory est transformé en logement pour la Royal Navy. Pendant plus de deux décennies, personne ne sait où elle se trouve.
Ce n’est qu’en 1962 qu’elle est retrouvée presque par hasard, enfouie sous d’anciens tapis de gymnastique dans un atelier de voilerie de la caserne Victory, aujourd’hui connue sous le nom de HMS Nelson. Une redécouverte aussi inattendue qu’improbable pour une pièce de près de 370 kilogrammes, pourtant considérée comme l’un des plus précieux vestiges de la marine britannique.
Cette relique est intimement liée au HMS Victory, un navire dont la réputation dépasse largement les livres d’histoire.
Depuis des décennies, visiteurs, guides et passionnés rapportent des expériences troublantes à bord du célèbre vaisseau du XVIIIe siècle. Le pont inférieur Orlop, où Nelson rendit son dernier souffle, est souvent décrit comme l’un des endroits les plus oppressants du bâtiment. Certains assurent y ressentir une présence silencieuse, une sensation de froid intense ou encore l’impression d’être observés.
Selon plusieurs témoignages, le fantôme de Lord Nelson continuerait de hanter les lieux qu’il n’aurait jamais véritablement quittés. D’autres affirment avoir aperçu celui de son épouse Frances, surnommée « Fanny », errant dans les coursives du navire. En 2018, un enquêteur spécialisé dans le paranormal avait même affirmé avoir capturé des images pouvant montrer une silhouette inexpliquée à bord du Victory.
Aucune de ces affirmations n’a naturellement été démontrée scientifiquement, mais elles entretiennent depuis longtemps la réputation surnaturelle du célèbre bâtiment.
LE RETOUR INATTENDU D’UNE RELIQUE OUBLIÉE
Les spécialistes du patrimoine ont consacré plusieurs décennies à sauver cette voile historique. Après son redécouverte, elle a fait l’objet de nombreuses campagnes de restauration, révélant même les signatures des tisserands écossais qui avaient fabriqué la toile au début du XIXe siècle.
Aujourd’hui, elle est conservée dans des conditions atmosphériques strictement contrôlées afin de ralentir son inexorable vieillissement.
Son retour au public intervient alors que le HMS Victory fait lui-même l’objet d’un vaste chantier de restauration de 42 millions de livres sterling. Les visiteurs pourront également découvrir de nouvelles plateformes d’observation ainsi qu’une reconstitution de la cabine de Nelson, où sera exposée sa célèbre vaisselle en argent.
Près de deux siècles et demi après son lancement en 1765, le plus ancien navire de guerre encore officiellement en service continue ainsi de fasciner autant les historiens que les amateurs de phénomènes inexpliqués.
Car si le HMS Victory demeure l’un des plus grands symboles de la puissance navale britannique, il est aussi, pour beaucoup, un lieu où l’Histoire semble parfois refuser de disparaître… et où certains pensent que les derniers témoins de Trafalgar veillent encore, dans l’ombre de ses ponts de bois. Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter.
Valentin Rican (rédaction btlv source Daily Mail – photo home page @btlv)







