Au XVIIe siècle, retrouver des objets perdus pouvait devenir une affaire de sorcellerie. À Exeter, en Angleterre, des archives étudiées par l’historien Mark Stoyle révèlent les poursuites visant des personnes qui prétendaient résoudre ces petites énigmes grâce à la magie.
Des cuillères en argent disparues, un récipient introuvable, des soupçons de vol… Ces affaires du quotidien pouvaient prendre une tournure inattendue lorsque des pouvoirs surnaturels étaient invoqués pour les résoudre. Dans une présentation publiée le 30 octobre 2026, l’Université de Southampton revient sur les recherches de Mark Stoyle consacrées à ces étonnants « détectives sorciers ».
Leurs prétendus talents devaient permettre de retrouver des biens perdus ou dérobés. Mais à Exeter, proposer ce type de service exposait aussi à des accusations de sorcellerie.
DES OBJETS DISPARUS AU CŒUR DES ACCUSATIONS
Parmi les affaires étudiées figure celle de Christabel Robyns. En 1629, cette veuve est accusée de sorcellerie après avoir prétendu retrouver des cuillères en argent et un récipient disparu.
Ce dossier rappelle que les accusations ne concernaient pas uniquement des récits de malédictions ou de phénomènes effrayants. La recherche d’objets familiers pouvait elle aussi attirer l’attention des autorités dès lors qu’elle faisait intervenir la magie.
Pour approfondir l’histoire de ces persécutions, BTLV propose l’émission « Inquisition et procès en sorcellerie », avec Dominique Labarrière, consacrée notamment aux mécanismes des chasses aux sorcières en Europe.
UN TAMIS ET DES CISEAUX POUR IDENTIFIER UN VOLEUR
Une autre affaire, datant de 1642, fait apparaître une méthode singulière. Une femme aurait utilisé un tamis posé sur des ciseaux afin de désigner l’auteur présumé d’un vol.
Un simple ustensile devenait ainsi un instrument de divination. Dans une ville où la répression de la sorcellerie demeurait sévère, cette pratique pouvait toutefois exposer son utilisatrice à des poursuites.
Ces épisodes illustrent la place ambiguë accordée aux prétendus pouvoirs magiques : sollicités pour retrouver un bien, ils pouvaient ensuite devenir le fondement d’une accusation.
DES DOCUMENTS HISTORIQUES, AUCUN POUVOIR DÉMONTRÉ
L’intérêt de ces archives réside dans ce qu’elles permettent de documenter : des procédures judiciaires, des accusations et des pratiques rapportées. Elles ne prouvent pas que les personnes poursuivies possédaient des capacités surnaturelles, ni que leurs méthodes permettaient réellement d’identifier un voleur. Pour prolonger le sujet, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source Université de Southampton – photo home page @btlv)







