19 février 2018 : Le terme schizophrénie est apparu pour la première fois en 1911. Eugen Bleuler, psychiatre zurichois, s’est inspiré du grec schizen — fractionnement — et phrèn — esprit — pour remplacer « démence précoce » qui était utilisé jusqu’alors.
Il faut savoir que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense plus de 21 millions de personnes atteintes de schizophrénie dans le monde. Ce trouble mental a longtemps été victime de discrimination en Europe. Au Moyen-Âge, les schizophrènes étaient battus et ensuite brûlés sur un bûcher. Vers le XIXe siècle, ils étaient enfermés dans des Institutions, coupés du monde et soumis aux mauvais traitements du personnel — camisole de force, chaise d’immobilisation, violence, cobaye. Heureusement, les droits de l’homme et la médecine évoluant, les soins de santé mentale se sont améliorés dans la seconde moitié de XXe siècle. De plus en plus, les scientifiques cherchent à trouver des remèdes efficaces et surtout qui respectent le patient.
UN PREMIER PAS POUR FAIRE TAIRE LES « VOIX »
Un groupe de chercheurs du CHU de Caen ont mis au point un traitement qui fait taire les « voix » des patients : stimulation magnétique transcrânienne (TMS). Au-delà de son nom barbare, cette technique est assez simple. Une impulsion magnétique est envoyée sur le cortex cérébral par le biais d’une bobine. Le but est de modifier l’activité des neurones. Le traitement a été testé sur 26 patients. Sonia Dollfus, professeure au CHU de Caen explique qu’il « s’agit du premier essai contrôlé qui montre une amélioration chez ces patients en ciblant une zone spécifique du cerveau et en utilisant cette stimulation à haute fréquence ». Pendant deux jours à raison de deux séances par jour, les patients ont reçu une série d’impulsions magnétiques. 35 % des sujets ont remarqué une nette amélioration : les « voix » se faisaient de moins en moins entendre. Grâce à ce traitement, les chercheurs ont pu déterminer la zone du cerveau qui justement serait à l’origine de ces voix. Reste à savoir si la stimulation magnétique transcrânienne pourra être utilisée sur le long terme.
Noémie Perrin (btlv.fr/source AFP)





