Archéologie : et si les géants de la Bible avaient vraiment existé en Égypte antique ?

3 mars 2026

Un papyrus, vieux de trente-trois siècles, ressort des réserves et tout à coup les géants reviennent dans l’imaginaire fertile de chercheurs ouverts à une autre histoire que celle que l’on enseigne. Le Papyrus Anastasi I, rédigé au XIIIe siècle avant notre ère, contient quelques lignes qui détonnent au milieu d’un texte pourtant peu original. On y parle de guerriers trop grands pour être ordinaires. Et cela suffit à exhumer la vieille question : les géants ont-ils vraiment existé ?

UNE LETTRE SATIRIQUE ?

L’histoire nous parvient par l’intermédiaire d’un tabloïd anglais, toujours prompt à flairer le mystère antique. Le document, conservé au British Museum, prend la forme d’une lettre. Un scribe, Hori, y charge son collègue Amenemope avec une ironie mordante. Il se moque, corrige, provoque. Le ton est vif, presque moqueur. Rien d’un récit mythologique : c’est un exercice pédagogique, un manuel déguisé, une leçon sur la logistique militaire au Levant routes impraticables, points d’eau rares, reliefs traîtres.

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Puis surgit l’étrangeté. Un col montagneux. Des Shosu tapis dans les buissons. Et cette précision : ils mesurent « quatre ou cinq coudées, de la tête aux pieds ». Si l’on convertit, cela donne entre deux mètres et deux mètres soixante. À une époque où la taille moyenne flirtait plutôt avec ce que nous appellerions aujourd’hui la petite stature, l’effet devait être saisissant. Des silhouettes massives, féroces d’aspect, « au cœur sans douceur ». L’image est brutale, presque théâtrale.

UN PAPYRUS QUI RAVIVE LES MYTHES

Certains chercheurs, notamment du groupe Associates for Biblical Research, y voient un écho troublant aux récits de l’Ancien Testament. Dans le Livre des Nombres, des éclaireurs hébreux décrivent des hommes si grands qu’ils se sentent « comme des sauterelles » à leurs côtés. Ailleurs apparaît Og, roi du Bashan, dont le lit aurait mesuré neuf coudées. Les parallèles sont tentants : même région, même démesure, même impression d’écrasement face à l’adversaire.

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Reste la distance froide des conservateurs. Pour le British Museum, rien de surnaturel là-dedans. Le texte est satirique, didactique, conçu pour former les scribes aux réalités ou aux dangers exagérés du terrain. Grossir l’ennemi, c’est renforcer la tension, dramatiser l’exercice, piquer l’orgueil du correspondant. Une technique rhétorique plus qu’un compte rendu anthropologique.

Et surtout, le sol ne parle pas. Aucun squelette gigantesque, aucune architecture disproportionnée ne vient étayer l’idée d’un peuple de géants en Canaan. Seulement quelques lignes griffonnées il y a 3 300 ans, assez puissantes pour traverser le temps et rouvrir, encore une fois, la frontière incertaine entre mémoire, mythe et réalité. Pour ne rien manquer de notre actualité, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

François Deymier (rédaction btlv source Associates for Biblical Research – photo home page @btlv via adobe stock)

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