Nombreux sont les musées qui abritent des momies, des crânes ou des squelettes. Témoins du passé, ces restes humains interrogent : comment sont-ils conservés, et surtout, dans quel cadre ?
Les musées adoptent des méthodes à la fois scientifiques et respectueuses. La température, l’humidité et la lumière sont strictement contrôlées pour éviter la dégradation. Les momies, par exemple, sont conservées dans des vitrines hermétiques avec un taux d’humidité stable. Les ossements ou crânes sont, eux, stockés dans des réserves à l’abri de la lumière et manipulés avec des gants et des outils stériles. Le Centre de Recherche et de restauration des musées de France accompagne régulièrement ces institutions pour assurer des conditions optimales. Le but est de préserver sans altérer, et toujours dans le respect de la dignité humaine.
Ces protocoles restent encadrés par la loi. Par exemple, l’article 16-1 du Code civil précise clairement que « le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l’objet d’un droit patrimonial ». Autrement dit, on ne peut pas « posséder » un corps comme on posséderait une œuvre d’art. Pourtant, de nombreuses institutions conservent des restes humains pour leur valeur historique, scientifique ou anthropologique. Selon le Code du patrimoine, il peut s’agir « d’un corps complet ou d’un élément de corps humain ». Ces pièces sont donc considérées comme des biens culturels, intégrés à des collections publiques, mais soumises à des règles particulières.
LE RESPECT AVANT TOUT
L’article 16-1-1 du Code civil le rappelle : « Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des personnes décédées […] doivent être traités avec respect, dignité et décence. » C’est pourquoi l’exposition de corps ou de parties humaines reste strictement encadrée. L’affaire de l’exposition Our Body, où des cadavres avaient été exhibés dans diverses positions et situations, l’a rappelé. Comme le mentionne Le Point, « la Cour de cassation a tranché : l’exhibition de cadavres humains à des fins commerciales est contraire à la décence et, de ce fait, illégale en France ». Depuis, aucune présentation publique de ce type n’est autorisée si elle n’a pas de but scientifique, pédagogique ou culturel.
Voilà donc la mission délicate des musées : préserver ces mémoires du passé tout en respectant l’humain que ça représente. Certains établissements choisissent alors d’exposer ces restes dans un contexte d’explication historique, pour rappeler ce qu’ils disent de nos pratiques, de nos croyances ou de notre rapport à la mort. D’autres préfèrent les garder en réserve, accessibles uniquement aux chercheurs. Pour découvrir plus de contenu sur l’archéologie, abonnez-vous à la newsletter BTLV.
Emma Lorsery (rédaction btlv source btlv – Photo home page @BTLV)







