Près de 2 siècles après leur découverte initiale, des chercheurs ont mis à jour des artefacts fascinants et les premiers nouveaux écrits de la mer Morte en plusieurs décennies. Ces découvertes incluent des références à Dieu.
La « Grotte de l’Horreur », très difficile d’accès, localisée près de la rive occidentale de la mer Morte, est un des lieux historiques les plus captivants. Selon Splash Travels, des scientifiques ont récemment trouvé des morceaux de parchemin, qui ont été assemblés pour former des extraits du « Livre des Douze Petits Prophètes », un ouvrage religieux qui était conservé dans cette grotte. Ce site, perché sur une falaise isolée, contenait autrefois les restes de 40 individus et a récemment fourni des objets et des écrits qui évoquent l’histoire.
LA GROTTE DEVOILE DES REALITES HISTORIQUES TROUBLANTES
Ces fragments de manuscrits ont révélé une caractéristique surprenante : bien que la majorité du texte soit en grec, une langue couramment utilisée à l’époque, une portion significative était en hébreu ancien. Les scribes ont choisi d’écrire le nom de Dieu en hébreu, créant ainsi une distinction notable. Cette décision linguistique a laissé perplexes les archéologues, qui cherchaient à comprendre l’utilisation de deux langues différentes. La réponse pourrait être à la fois simple et profonde : il s’agit de préserver le nom divin, une tradition qui a perduré à travers les âges, même dans les traductions, les pratiques et le respect.
CONSERVER LES ECRITS RELIGIEUX DURANT UNE INSURRECTION
Israël Hasson, le responsable de l’Autorité israélienne des antiquités (IAA), a évoqué une « lutte contre le temps ». Le chercheur a également souligné l’importance de rester vigilant face aux pilleurs qui s’aventuraient dans le désert à la recherche de ces précieux écrits et d’autres objets à commercialiser. Ces manuscrits auraient été cachés durant la révolte de Bar Kokhba, un soulèvement juif contre l’Empire romain, entre 132 et 136 de notre ère.
L’équipe d’archéologues a mis au jour des fragments de rouleaux datant de la période du Second Temple (avant 70 ap. J.-C.), utilisés par les rebelles s’opposant à Rome, qui cachaient leurs familles et leurs écrits sacrés dans les grottes du désert. Ces artefacts étaient sans doute les ultimes traces de vies déracinées. Près des manuscrits, les chercheurs ont également trouvé des monnaies juives ornées de symboles d’autonomie, ainsi que des pointes de lances et de flèches, et un écrit sacré. Ces découvertes illustrent la foi et la détermination des résistants.
L’un des fragments découvert fait référence à Nahum. On peut y lire : « Les collines fondent et les montagnes tremblent à cause de lui. » Un autre fragment, attribué à Zacharie, dit : « Soyez honnêtes les uns envers les autres, et pratiquez une justice authentique et complète. »
Il est à noter que ces citations ne s’alignent pas parfaitement avec les versions populaires contemporaines. Ces fragments « témoignent de la transmission du texte biblique avant sa standardisation ». Ils mettaient en lumière la tradition vivante et évolutive liée aux Écritures, comme en témoignent leur contenu. Les érudits voyaient l’emploi de l’hébreu et du grec dans les Écritures comme une approche à la fois respectueuse et pragmatique.
Le grec a joué un rôle clé dans la préservation du texte, le rendant plus accessible grâce à sa popularité, tandis que l’hébreu a aidé à maintenir sa sacralité. Cette dualité linguistique reflétait une époque de grands bouleversements identitaires causés par les conflits. Les rouleaux, d’une grande fragilité, nécessitent des soins particuliers. Chaque fragment a été soigneusement restauré et stabilisé avec des technologies avancées, permettant de raviver l’encre fanée.
Grâce à des scans multispectraux, les chercheurs ont pu discerner des lettres invisibles à l’œil nu. Cette alliance de l’ancienne écriture sur parchemin et de la technologie contemporaine a redonné vie à des voix oubliées, comblant ainsi un vide millénaire en un instant. Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux mystère archéologiques, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source Splash Travels – photo home page @The Israel Museum’s)








