30 novembre 2023 – Une étude récente réalisée par l’éminent astronome de l’Université de Chicago, Rafael Luque, pourrait s’avérer cruciale pour notre compréhension de la genèse des planètes.
Dans un système stellaire voisin, une découverte exceptionnelle Uchicago a émerveillé la communauté scientifique : six planètes en orbite autour de leur étoile centrale exécutent une danse céleste d’une synchronisation étonnante. Cette harmonie orbitale est si précise qu’elle pourrait être mise en musique. Il s’agit d’un cas rarissime de “verrouillage gravitationnel synchronisé”, offrant un éclairage précieux sur la formation et l’évolution des planètes.
L’analyse, dirigée par le distingué Rafael Luque de l’Université de Chicago, a été rendue publique le 29 novembre dans la prestigieuse revue Nature.
Rafael Luque a déclaré : “Cette découverte deviendra une référence pour l’étude des sub-Neptunes, le type de planète le plus courant en dehors de notre propre système solaire. Elle nous aidera à percer les mystères de leur formation, de leur composition, et à déterminer si elles possèdent les conditions requises pour abriter de l’eau liquide en surface”.

Crédit illustration @Roger Thibaut (PRN PlanetS)
UN FASCINANT SPECTACLE
Cet étonnant spectacle se déroule autour de l’étoile HD110067, située à environ 100 années-lumière de la Terre, dans la constellation de Coma Bérénices. En 2020, le satellite Transiting Exoplanet Survey Satellite (TESS) de la NASA a enregistré des variations de luminosité de l’étoile, signe de passages planétaires devant sa surface. En combinant les données de TESS avec celles du satellite ExOPlanet (Cheops) de l’Agence spatiale européenne, une équipe de chercheurs a scruté les cieux et a dévoilé cette configuration planétaire exceptionnelle.
Bien que les systèmes planétaires multiples soient courants dans notre galaxie, ceux présentant une étroite “résonance gravitationnelle”, telle que celle-ci, sont rares et fascinent les astronomes. Dans ce cas précis, la planète la plus proche de l’étoile accomplit trois orbites pendant que la suivante en réalise deux, ce phénomène est appelé une “résonance 3/2”.
Ce schéma se répète avec les quatre planètes les plus proches. Pour les planètes plus éloignées, on observe un modèle de quatre orbites pour trois planètes consécutives, soit une “résonance 4/3” qui se reproduit deux fois.
Selon Rafael Luque : “Ce système nous présente une configuration unique, préservée depuis des milliards d’années”.
DES RÉSONANCES STABLES
Ces orbites en résonance restent stables à travers le temps : les planètes exécutent probablement cette chorégraphie cosmique depuis la naissance du système, il y a des milliards d’années, ont affirmé les scientifiques. Les systèmes en résonance orbitale revêtent une importance capitale pour les astronomes, car ils fournissent des informations cruciales sur la formation et l’évolution des systèmes planétaires. En effet, les planètes qui entourent les étoiles ont tendance à se former en résonance, mais divers facteurs, tels qu’une planète massive, une rencontre proche avec une étoile, ou même un impact colossal, peuvent perturber cet équilibre délicat. C’est pourquoi la plupart des systèmes planétaires que nous connaissons ne sont plus en résonance, bien qu’ils l’ont pu l’être par le passé. Les systèmes planétaires préservant leur résonance sont donc exceptionnels.
Rafael Luque a ajouté : “Nous estimons que seulement environ un pour cent de tous les systèmes planétaires conservent leur résonance, et bien moins encore présenter une configuration aussi unique. C’est ce qui rend le HD110067 si spécial et digne d’une étude approfondie .Il nous offre un aperçu exceptionnel d’un système planétaire préservé dans sa forme originale”.
Pour une meilleure compréhension de la formation de ce système, des mesures plus précises des masses et des orbites des planètes seront nécessaires. Le professeur Jacob Bean de l’Université de Chicago a également contribué à cette étude passionnante.
Bob Bellanca (rédaction btlv)





