La France prépare un nouveau chapitre spatial. En 2027, deux astronautes français décolleront à quelques mois d’intervalle dans le cadre d’un accord conclu entre Paris et l’entreprise américaine Vast. L’annonce, faite par Emmanuel Macron en marge du sommet Choose France, projette à nouveau la France au premier plan du vol habité.
Thomas Pesquet et Arnaud Prost ne partageront pas la même mission, ni la même destination. Un point commun toutefois : chacun passera environ deux semaines dans l’espace.
UNE TROISIÈME MISSION POUR PESQUET
Pour Thomas Pesquet, ce sera un retour en terrain connu. Déjà passé deux fois par la Station spatiale internationale, où il a cumulé plus d’un an de présence au total, l’astronaute français devrait repartir vers l’ISS à l’été 2027 au plus tôt, dans le cadre d’une mission menée avec la NASA.
Vast précise même qu’il pourrait prendre le commandement du vol, si les partenaires internationaux de l’ISS les agences américaine, européenne, russe, japonaise et canadienne valident cette décision. Le symbole serait fort, jamais un astronaute non américain n’a encore dirigé une capsule américaine.
HAVEN-1, LE PARI DES STATIONS PRIVÉES
Pour Arnaud Prost, l’histoire est différente. L’astronaute français découvrira l’espace à bord d’une mission à destination de Haven-1, la station commerciale développée par Vast. Une première pour lui, mais aussi une première mondiale selon le Centre national d’études spatiales : aucun astronaute n’a encore été envoyé vers une station privée de ce type.
L’entreprise californienne, créée en 2021 par l’entrepreneur Jed McCaleb, mise gros sur cette infrastructure. Haven-1 doit ouvrir la voie à Haven-2, projet plus ambitieux destiné à prendre le relais d’une ISS promise à l’arrêt autour de 2030 après plus de vingt-cinq années d’activité continue.
UNE AMBITION FRANÇAISE AFFICHÉE
Au-delà des annonces, Paris envoie un message politique et industriel. Avec Sophie Adenot actuellement en orbite, puis les départs programmés de Pesquet et Prost, la France devient le seul pays européen à compter trois astronautes en activité simultanément, selon le Cnes.
Les deux missions reposeront sur des technologies américaines déjà éprouvées : fusées Falcon 9 et capsules Crew Dragon de SpaceX, aujourd’hui seuls systèmes américains certifiés pour transporter des équipages vers l’ISS.
À 48 ans, Thomas Pesquet continue, lui, d’incarner ce lien rare entre performance technique et popularité publique. Son prochain vol pourrait désormais dépasser le simple symbole national : il pourrait aussi redéfinir la place des astronautes européens dans les missions pilotées par les États-Unis. Pour ne rien manquer de l’actualité liée à l’espace, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
François Deymier (rédaction btlv source Sciences et avenir – photo home page @btlv via adobe stock)







