19 mai 2023 – Des chercheurs européens ont récemment publié dans la revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) le 15 mai, un article sur l’impact de l’agriculture intensive sur les populations des oiseaux en Europe. Ils sont arrivés à l’inquiétante conclusion qu’environ 20 millions d’oiseaux disparaissent en moyenne chaque année.
En s’appuyant sur 37 années d’observations réalisées par 20 000 sites de suivi écologique dans 28 pays européens pour 170 espèces, ils ont pu trouver quelles activités humaines étaient à l’origine de l’effondrement des populations d’oiseaux.
UN DÉCLIN INQUIÉTANT
Vincent Devictor, chercheur au CNRS et coordinateur de l’étude, a confié à l’AFP qu’on « trouve une baisse d’un quart de l’abondance des espèces depuis 1980 ». « Autrement dit, 800 millions d’individus en 40 ans, soit 20 millions par an, donc une baisse systématique, profonde, de l’avifaune européenne ».
Les chercheurs ont noté qu’en fonction de l’environnement, l’impact était plus ou moins important. Par exemple, la population des oiseaux forestiers a baissé de 18% environ, contre 57% pour les oiseaux en milieux agricoles.
« Nous concluons que l’intensification de l’agriculture, en particulier l’usage des pesticides et des engrais, représente la pression principale pour la plupart des déclins de populations d’oiseau, en particulier ceux qui se nourrissent d’invertébrés » peut-on lire dans l’article.
UNE AGRICULTURE DANGEREUSE POUR LES ESPÈCES
Les scientifiques soulignent le danger que représente l’agriculture intensive pour les populations d’oiseaux. Le déclin des invertébrés a un impact considérable du fait qu’ils représentent « une part importante du régime alimentaire pour de nombreux oiseaux durant au moins certaines étapes de leur développement ».
Avec la réduction de la nourriture, les parents peuvent modifier leur comportement et mettre en péril la survie des oisillons. Afin d’inverser la tendance, ou du moins la réduire, il faudrait revoir notre modèle d’agriculture. Cependant, Vincent Devictor déplore le fait qu’on « continue à être dans une vision industrielle du monde agricole ». « On n’est toujours pas sorti de ce paradigme de l’après deuxième guerre mondiale ».
D’AUTRES FACTEURS
L’étude a permis de mettre en lumière d’autres facteurs ayant un impact sur les populations d’oiseaux. Bien sûr, en premier lieu il y a le changement climatique, mais également l’urbanisation, particulièrement hostile.
« Des espèces aimaient bien nicher dans des anfractuosités, être dans des endroits où il y a encore des insectes dans les milieux urbains. Avec les modes de bétonisation d’aujourd’hui, couplés à la disparition des insectes, cela devient hostile même pour eux » précise Vincent Devictor.
Noémie Perrin (rédaction btlv.fr Source AFP)





