29 décembre 2023 – La période festive que nous venons actuellement de vivre est souvent suivie de la volonté de perdre le poids qui a été pris. Une bonne résolution qui rappelle les problèmes d’obésité de plus en plus fréquents et plus particulièrement dans les pays occidentaux. Pour lutter contre l’obésité, des scientifiques ont fait une découverte importante : le jeûne intermittent entraîne des changements importants à la fois dans l’intestin et dans le cerveau, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles options pour maintenir un poids normal et rester en bonne santé.
Des chercheurs chinois ont étudié 25 volontaires identifiés comme obèses sur une période de 62 jours, au cours de laquelle ils ont participé à un programme de restriction énergétique intermittente (IER), ce qui implique un contrôle minutieux de l’apport calorique et le jeûne certains jours.
PERTE DE POIDS ET CHANGEMENT CERÉBRAL
Durant l’expérience, les participants ont perdu du poids, 7,6 kilogrammes en moyenne, mais les chercheurs ont surtout pu noter des preuves de changements dans l’activité des régions du cerveau liées à l’obésité. Interrogé suite à ces résultats, le scientifique Qiang Zeng du deuxième centre médical et centre national de recherche clinique sur les maladies gériatriques en Chine a déclaré :
“Nous montrons ici qu’un régime IER modifie l’axe cerveau-intestin-microbiote humain… Les changements observés dans le microbiote intestinal et dans l’activité des régions cérébrales liées à la dépendance pendant et après la perte de poids sont très dynamiques et couplés dans le temps”.

Crédit image : @btlv
PAS D’EXPLICATION POUR LE MOMENT
À l’heure actuelle, nous savons que l’intestin et le cerveau sont étroitement liés, malgré tout, les chercheurs ne savent pas exactement ce qui cause les changements notés, ni si l’intestin influence le cerveau ou vice versa. Cependant, agir sur certaines régions du cerveau pourrait être un moyen de contrôler l’alimentation et par conséquence la prise de poids.
Selon les responsables de l’étude, les changements dans l’activité cérébrale, repérés lors d’IRM, se trouvaient dans des régions connues pour être importantes dans la régulation de l’appétit et de la dépendance.
MICROBIOTE INTESTINAL
De plus, les modifications du microbiote intestinal, analysées via des échantillons de selles et des mesures sanguines, étaient liées à des régions particulières du cerveau. Par exemple, les bactéries Coprococcus come et Eubacter Hallii étaient associées négativement à l’activité du gyrus orbitaire frontal inférieur gauche, une zone impliquée dans la fonction exécutive, y compris notre volonté en matière de prise alimentaire.
Pour Xiaoning Wang, du Centre clinique d’État de gériatrie en Chine : “On pense que le microbiote intestinal communique avec le cerveau d’une manière complexe et bidirectionnelle…Le microbiote produit des neurotransmetteurs et des neurotoxines qui accèdent au cerveau par les nerfs et la circulation sanguine. En retour, le cerveau contrôle le comportement alimentaire, tandis que les nutriments de notre alimentation modifient la composition du microbiome intestinal.”
A ce jour, on compte plus d’un milliard d’obèses sur la planète et cela ne cesse d’augmenter. Un surpoids qui entraine une multitude de problèmes de santé différents, du cancer aux maladies cardiaques. Voilà pourquoi une telle découverte est importante pour l’avenir de notre humanité. En savoir plus sur le lien cerveau-estomac peut faire une énorme différence dans la prévention et la réduction efficace de l’obésité. Malgré tout, il reste des choses à découvrir comme le souligne le scientifique biomédical Liming Wang de l’Académie chinoise des sciences :
“La prochaine question à laquelle il faudra répondre est la suivante : quel est le mécanisme précis par lequel le microbiote intestinal et le cerveau communiquent chez les personnes obèses ? y compris lors d’une perte de poids”.
Valentin Rican (redaction btlv Source Frontiers in Cellular and Infection Microbiology)





