La Tour de Londres, érigée sur les rives de la Tamise dans les années 1070, a été le témoin de multiples événements historiques, allant des rébellions aux exécutions, en passant par la peste.
Elle a accueilli des figures emblématiques du Royaume-Uni et a été le centre de nombreux mystères. Des archéologues ont récemment réalisé les premières fouilles sur ce site historique depuis 30 ans, découvrant deux squelettes datant d’environ 1500. En continuant leurs recherches, ils ont trouvé une vingtaine de tombes supplémentaires ainsi qu’une fosse commune, probablement en lien avec la peste noire survenue en 1348. Ces découvertes incluent des éléments liés à la chapelle d’Henri VIII et des traces d’une époque encore plus ancienne.
DES SQUELETTES POUR MIEUX COMPRENDRE LE PASSÉ
Alfred Hawkins, conservateur des bâtiments historiques aux Historic Royal Palaces, a exprimé dans un communiqué que ces fouilles ont offert une occasion unique de mieux comprendre l’histoire de la chapelle Saint-Pierre-aux-Liens et des structures qui l’ont précédée. Les fouilles se sont focalisées sur la chapelle royale Saint-Pierre-aux-Liens, également appelée « Saint-Pierre-aux-Liens », qui servait d’église pour les ouvriers résidents, comme l’indique National Geographic.
Bien que cette chapelle soit célèbre pour avoir été le lieu de repos d’Anne Boleyn, de Catherine Howard et de Sir Thomas More, elle existait bien avant ces événements de l’époque Tudor. La chapelle actuelle, commandée par Henri VIII, a été achevée en 1520, mais son histoire est bien plus ancienne et toujours actuelle. Jane Sidell, responsable des monuments anciens chez Historic England, a souligné que l’équipe de recherche acquiert une compréhension sans précédent des occupants de la Tour de Londres. Elle a ajouté que ces découvertes ne représentent qu’un début et qu’il reste encore beaucoup à explorer concernant les résidents et les structures de ce monument historique majeur de l’Angleterre.
Érigée dans les années 1070 comme résidence royale, la Tour de Londres, est devenue par la suite une prison pour des figures de proue, comme le roi Henri VI. La Tour a également abrité la Monnaie royale. La chapelle actuelle a été bâtie sur les fondations d’anciennes chapelles, ce qui expliquait l’attente de nombreuses inhumations.
Les restes récemment trouvés pourraient avoir été à l’origine inhumés dans l’une des chapelles qui ont disparu depuis longtemps. Alfred Hawkins a souligné que généralement, être enterré près d’une église indique une certaine importance, être inhumé à l’intérieur de l’église confère une plus grande importance, et être enterré sous l’autel est un signe de la plus haute importance.
Le communiqué mentionne que le site a accueilli les inhumations de deux saints catholiques et de trois reines. Toutefois, en apprenant davantage sur ces squelettes non identifiés, il serait possible d’enrichir l’histoire médiévale de ce lieu.
UN NOUVEAU REGARD SUR LA TOUR DE LONDRES
Le Dr Katie Faillace, de l’Université de Cardiff, a expliqué que les récentes fouilles offrent une chance de renouveler notre perception de la communauté de la Tour. Elle a précisé que leur recherche emploie une méthode biomoléculaire sophistiquée, l’analyse isotopique, qui permet d’obtenir des informations sur la mobilité, la santé et le régime alimentaire passé à partir d’un petit morceau de dent.
La scientifique a ajouté que cette technique innovante offre une opportunité unique de reconstituer les expériences des personnes ayant vécu et disparu dans la Tour, permettant ainsi d’obtenir une vision globale de la vie de chaque individu. Richard Madgwick, lui aussi de l’université de Cardiff, a révélé qu’un des squelettes appartenait à une femme d’âge moyen décédée entre 1480 et 1550. Elle aurait probablement vécu au Pays de Galles et aurait eu accès au sucre, un produit de luxe à l’époque.
Le deuxième squelette, celui d’un jeune homme de la même période, montrait des signes d’une existence difficile près de Londres, avec un régime alimentaire bien plus basique. En plus des squelettes, l’équipe de fouille a mis au jour un linceul funéraire exceptionnel datant de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe siècle, car les tissus de cette époque ne survivent généralement pas jusqu’à nos jours. Des objets funéraires rares, des morceaux de vitraux et des bijoux ont également été découverts.
Ces objets incluent des pots d’encens funéraires datant entre 1150 et 1250. Richard Madgwick a commenté que pour le moment, ils ont deux biographies fascinantes, qui évoquent le mouvement dynamique des populations et les parcours de vie variés des personnes inhumées dans la Tour. Le chercheur a exprimé son enthousiasme à l’idée de découvrir si ces deux squelettes sont des exceptions ou si l’on observe une diversité plus large des modes de vie des personnes enterrées sur ce site. Pour ne rien manquer de l’actualité liée à l’archéologie, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source Knewz – photo home page @btlv)









