Capter le carbone dans l’atmosphère : Une réalité !

6 juillet 2023

6 juillet 2023 – Longtemps marginales, les techniques pour réduire ou éliminer le CO2 dans l’atmosphère fleurissent un peu partout dans le monde face à l’incapacité de l’humanité à contenir ses émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète.

Deux méthodes très différentes, parfois confondues, existent: d’une part le captage et le stockage du carbone (ndlr : CCS, en anglais) et d’autre part le captage direct dans l’air (ndlr : DAC, en anglais), aussi appelé élimination du carbone.

NOUS N’AVONS PLUS LE CHOIX

Faut-il empêcher le carbone de « polluer » l’atmosphère ou bien « nettoyer » celle-ci une fois que le mal est fait ? Tels sont les deux rôles distincts du CCS et du DAC.

Le CCS capte en sortie d’usines (centrales électriques, cimenteries, hauts fourneaux…) le carbone émis par la combustion des énergies fossiles ou par les procédés industriels avant qu’il ne rentre dans l’atmosphère.

Le DAC extrait lui le CO2 une fois qu’il est déjà présent dans l’air, via de grands ventilateurs et des procédés chimiques. Mais ce CO2 dans l’air est lui plus diffus, 420 parties par million, soit environ 0,04%, ce qui rend la technique plus énergivore et coûteuse.

Dans les deux cas, le CO2 capté est ensuite transporté et réinjecté dans des réservoirs géologiques hermétiques, par exemple d’anciens champs pétroliers, pour y être stocké définitivement. Il peut aussi être réutilisé pour fabriquer des produits tels que des pastilles de combustibles.

L’industrie des combustibles fossiles utilise le CCS depuis les années 1970… mais pas pour empêcher le carbone de s’infiltrer dans l’atmosphère.  A l’origine, ce procédé servait plutôt à extraire du pétrole plus rapidement, mais la crise climatique et les subventions publiques ont ravivé l’intérêt des industries fossiles pour l’utiliser dans la réduction des émissions même si cela reste peu rentable.

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IL FAUT FAIRE MIEUX

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), à la fin de l’année 2022, 35 entreprises commerciales dans le monde appliquaient cette technologie, captant un total de 45 millions de tonnes (Mt) de CO2. L’élimination du carbone (DAC) est plus récente. Les 18 usines qui l’utilisent dans le monde n’ont extrait l’an dernier que 10.000 tonnes de CO2, soit l’équivalent de 10 secondes d’émissions mondiales…

Pour que l’objectif de zéro émission nette soit atteint d’ici 2050, le CCS devra détourner 1,3 milliard de tonnes de CO2 par an d’ici à 2030, soit 30 fois plus que l’année dernière, estime l’AIE. Quant au DAC, il devra extraire 60 millions de tonnes de CO2 par an d’ici là.

Si cela semble aujourd’hui hors de portée, les développements récents laissent entrevoir un espoir: la première usine capable de capter un million de tonnes par an doit entrer en service aux États-Unis l’année prochaine.

« C’est un défi énorme, mais il n’est pas sans précédent », dit à l’AFP Gregory Nemet, professeur à l’université du Wisconsin à Madison, rappelant l’essor spectaculaire du solaire en quelques décennies. Reste toutefois la question du stockage: la préparation d’un site qui peut prendre jusqu’à 10 ans est un frein non négligeable.

COMBIEN ÇA COÛTE ?

Le CCS coûte de 15 à 20 dollars par tonne lorsque les flux de CO2 sont très concentrés, et entre 40 à 120 dollars par tonne pour des flux plus dilués, par exemple provenant de centrales. Côté DAC, les coûts sont plus élevés, allant aujourd’hui de 600 à 1.000 dollars par tonne de CO2 extrait. Heureusement, ces coûts devraient chuter vers 100 à 300 dollars par tonne d’ici à 2050, selon le rapport State of Carbon Dioxide Removal publié cette année.

De récentes lois aux Etats-Unis et au Canada misent sur les crédits d’impôts pour inciter les entreprises à investir, tandis que la Corée du Sud et la Chine investissent massivement. Une usine visant à capter 500.000 tonnes de carbone par an vient d’ouvrir dans la province chinoise de Jiangsu. L’Europe n’est pas en reste, avec un véritable « cimetière de CO2 » qui se développe en mer du Nord.

Pour le DAC, de nombreuses grandes entreprises comme Alphabet, Shopify, Meta, Stripe, Microsoft et H&M prévoient de verser près de 1 milliard de dollars à des entreprises prévoyant d’investir dans cette technologie d’ici 2030. Le mois dernier, JPMorgan a conclu un accord de 20 millions de dollars sur neuf ans avec Climeworks, pionnier du DAC basé en Suisse. Dans un monde qui va de plus en plus vie, où les échanges commerciaux sont de plus en plus importants, l’homme a défaut de ne plus polluer, a peut-être trouver le moyen de se rattraper et de limiter les dégâts. Certes, cela ne fera certainement pas plaisir aux écologistes mais, c’est surement mieux que de ne rien faire du tout.

COMBIEN DE CO2 ÉMIS DANS LE MONDE ?

Que l’on trouve bonnes ou mauvaises ces initiatives, il est temps de faire quelque chose car si en septembre 2021, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) provenant de la combustion de combustibles fossiles et de l’industrie étaient d’environ 36 milliards de tonnes par an. Aujourd’hui elles sont de 43,1 milliards de tonnes. On voit bien que ça s’accélère et qu’à ce rythme, nous ne pourrons bientôt plus habiter la terre en raison des effets des émissions de C02 sur le climat.

Bob Bellanca (rédaction btlv.fr Source AFP)

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