(SANTÉ) Un médicament serait capable d’inverser la dégénérescence du cerveau

4 décembre 2020

4 décembre 2020 – La dégénérescence cognitive devient une préoccupation grandissante avec une espérance de vie croissante. Inverser ce phénomène ne sera plus de la science-fiction. Des scientifiques de l’UC (University of California) de San Francisco ont montré, lors d’une nouvelle étude sur la souris, que l’ISRIB, un médicament expérimental permet de diminuer les troubles de la mémoire et la flexibilité mentale liés à l’âge. Les capacités cognitives s’améliorent rapidement chez les souris âgées et leurs cellules cérébrales et immunitaires ont rajeuni. L’ISRIB (Integrated stress response inhibitor) a été aussi très efficace pour l’inversion des troubles cognitifs liés à la trisomie 21 mais aussi pour lutter contre certains types de cancer. D’après les auteurs de l’étude, le rajeunissement mis en évidence chez les souris montre qu’une partie importante des pertes cognitives due à l’âge vient, non pas d’une dégradation des cellules physiologique mais d’un « blocage ». La bonne nouvelle c’est que ce blocage est réversible.

UNE PROTECTION CELLULAIRE EFFICACE

Le professeur Peter Walter du département de biochimie et biophysique de l’UCSF et chercheur de l’Institut médical Howard Hughes explique : « Les données suggèrent que le cerveau âgé n’a pas définitivement perdu ses capacités cognitives essentielles. […] [Elles] sont toujours là, mais ont été en quelque sorte bloquées par un cercle vicieux de stress cellulaire ». L’’ISRIB avait été découvert en 2013 au sein du laboratoire de Peter Walter. Les résultats qui ont été publiés cette année dans la revue eLife montrent que l’ISRIB peut faire rajeunir les capacités cognitives. Il s’agit d’un mécanisme de sécurité qui protège les cellules en limitant la synthèse des protéines. L’ISRIB désactive l’ISR chronique.

Les chercheurs ont pu observer chez la souris la disparition des signes de vieillissement neuronal qui avait comme conséquence une activité neuronale plus vive et plus sensible aux stimulations. De plus les connexions neuronales étaient plus fortes et plus stables, comme chez les jeunes souris. Les scientifiques ont également observé que l’ISRIB avait un effet sur les cellules T du système immunitaire.

CONTRE ALZHEIMER, PARKINSON, …

Ce médicament pourrait être envisagé contre la maladie d’Alzheimer, le diabète, ou un système immunitaire défaillant, , la démence frontotemporale, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, ou encore le syndrome de Down (trisomie 21). L’ISRIB est un inhibiteur d’ISR, un traitement sans effet secondaire apparent. Peter Walter  s’exprime avec confiance : « cela semble presque trop beau pour être vrai, mais avec ISRIB, il semble que nous ayons trouvé le bon endroit pour manipuler l’ISR avec une fenêtre thérapeutique idéale ».

Thierry Penin (rédaction btlv.fr)

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